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Introduction générale

Nota Bene : cette prep est autant adaptée pour les candidats à Sciences Po Paris que ses petits frères et soeurs Sciences Po Bordeaux ou Parcours bilingues de Bordeaux ou Lille. 

Si on a plus souvent pris des exemples en lien avec Paris, c’est simplement parce qu’on connaît mieux la maison. Les conseils que vous trouverez dans cette prep sont vrais pour tous les IEPs, dont les critères de sélection sont, à quelques variations résiduelles près, exactement les mêmes. 

 

Qui on est, d’où sort notre prep, qu’attend Sciences Po de vous, pourquoi on vous prépare comme ça et pas autrement, et pourquoi se préparer à ce concours est bon pour vous, admission ou pas.

 

Salut à tous, 

Si vous êtes ici c’est que vous avez décidé, dans un mélange de lucidité et de folie (dont on vous laisse déterminer la proportion) de vous attaquer au concours de Sciences Po. Et rien que pour ça félicitations, et bienvenue par ici. 

 

Alors vous allez voir, se préparer à Sciences Po, c’est à double tranchant, c’est à la fois génial, et affreux. D’abord, génial, parce que vous allez progresser -et à plein de niveaux. 

Alors évidemment, intellectuellement. Vous allez apprendre une quantité de trucs. A travers les lectures, les visionnages, vous allez vous frotter à des enjeux économiques, sociaux, politiques, environnementaux, sociétaux, historiques, artistiques, ça va être une vraie bouffée d’oxygène intellectuelle. Et toutes ces lectures -normalement-vous faire réfléchir, ça va vous amener à structurer vos pensée, à mieux raisonner. Vous allez aussi développer un peu, ou un peu plus, votre esprit critique. Bref, vous allez faire des pas intellectuels de géant. 

Ensuite, vous allez progresser méthodologiquement. La méthodo de travail, c’est bête et méchant, mais ça vaut tout l’or du Pérou. Parce qu’il y aura des choses à faire, et il va falloir être efficace pour réussir à faire ça en parallèle de ce que vous faites déjà au lycée. Honnêtement, avec le recul, savoir gérer son temps et son taf, c’est un des meilleurs atouts qu’on peut apprendre. Donc l’apprendre si tôt, c’est du tout bon.

Et puis, vous allez progresser humainement. Vous allez gagner en maturité. Parce que vous allez creuser en vous pour vous connaître un peu mieux, vous allez faire ce travail d’introspection qui vous permettra de dégager les arguments qui vont convaincre le jury. Et plus que vous poser des questions, on va vous apprendre à être autonomes dans votre propre questionnement, qui vous sera aussi utile plus tard.

Et puis enfin, vous allez progresser à l’oral : vous allez apprendre à prendre un peu plus l’espace, verbalement, physiquement, vous allez apprendre à raconter une histoire, à défendre vos positions, à gérer le stress, et vous gagnerez à traver tout ça, on l’espère, un peu plus confiance en vous.

Bref, un concours comme ça fait progresser. 

 

Maintenant, il y a un côté moins marrant, et c’est pour ça qu’on disait génial ET affreux. 

Il y aura des moments, où vous aurez des coups de mou, il y aura des moments où vous aurez l’impression de vous noyer dans la masse de choses à faire, ou alors, ça avancera pas, vous suerez sang et eau pour écrire un tout petit paragraphe de rien du tout. 

Et puis évidemment, vous aurez la mauvaise idée de vous comparer aux autres, du coup vous allez bader, et puis, il va falloir gérer le stress et l’anxiété, qui vont pointer leur vilain museau. Bref, ça sera pas toujours toujours tout rose. Maaiiis ça aussi ça fait partie de l’expérience, et ça fera progresser tout autant, peut-être même plus. 

 

Saint-Exupéry dans Terre des hommes dit (parenthèse : lisez Terre des hommes), “la terre nous apprend plus sur nous que tous les livres. Parce qu’elle nous résiste. L’homme se découvre quand il se mesure avec l’obstacle”. 

Et oui. On progresse pas, humainement, en lisant des livres. On progresse quand on a une emmerde, une difficulté, obstacle à surmonter, juste, là, devant nous.

 

Sciences Po, c’en est un beau, d’obstacle, et donc, une belle occasion de grandir.

 

Tout ça pour dire. Nous on est là pour vous faire intégrer Sciences Po. Mais on vous le dit d’entrée : que vous l’ayez ou pas, vous allez apprendre tellement de trucs, intellectuellement et humainement, que le jeu en vaut la chandelle, et plutôt 3 fois qu’une.

 

Donc bienvenue par ici les mais, suivez les guides, on parle de Sciences Po.

Ce sur quoi on s’est basé pour notre prep

Un mot sur comment on a créé cette prep, et sur la matière première qu’on a utilisé pour la faire.

 

D’abord, très rapidement, on aimerait vous dire comment on a construit cette prep. Sur quoi on s’est appuyé pour en arriver aux conseils qu’on va vous donner. Pourquoi ? Parce qu’on sait que vous travaillerez mieux si vous nous faites confiance, et évidemment, si vous faites confiance en ce qu’on raconte. Donc, nos excuses si on passe par un petit argument d’autorité, on vous encouragera plus tard à toujours remettre en cause ce qu’on dit et à réfléchir par vous même. Mais quand même un mot sur qui on est et d’où sort notre prep, et du coup, pourquoi on pense que c’est solide.

 

D’abord on s’est bien sûr appuyé sur notre expérience personnelle de Sciences Po.

 

Tous ceux qui ont bossé sur ce cours sont passé par Sciences Po Paris. Il y a moi Alexis, Mais il y a surtout

-Diane (Sciences Po Paris, ESSEC, journaliste à France Info, passée par CNN, France 24) 

-Thomas (Sciences Po Paris, HEC, consultant) 

-Timothée (Sciences Po Paris, INET qui est l’équivalent de l’ENA mais pour les collectivités territoriales, administrateur) 

-Maximilien (Sciences Po Paris, qui entre temps était prof d’éco, et désormais, chanteur lyrique) 

et bien sûr, les anciens camarades du repaire, qui se sont envolés vers d’autre horizons, mais qui ont contribué à façonner ce cours

-Rayan (Sciences Po & ENA, administrateur) 

-Marie (Sciences Po, journaliste) 

-Benoît (Sciences Po, avocat)

 

Donc, au départ, il y a notre expérience, à nous, de Sciences Po. Mais il y a notre expérience professionnelle après Sciences Po. 

Par exemple, moi Alexis, avant le repaire, j’ai passé 1 an et demi à interviewer les directeurs de grandes écoles et d’universités sur une chaîne étudiante. Après 4 ou 500 entretiens avec eux, je vous promet, on finit par comprendre ce qu’ils veulent entendre. Et puis autant d’entretiens filmés, en direct, avec des gens qui ont 20 ans de métier de plus que vous, vous apprenez des trucs, par exemple à composer avec le stress. 

ça c’est mon exemple à moi, mais Diane, qui est journaliste, ou Maximilien, qui est chanteur lyrique, et les autres, ils ont tiré tout un tas de choses de leur expérience, et on a bien l’intention de vous les transmettre.

 

Donc, désolé pour argument d’autorité, mais la diversité, et la solidité des parcours des gens qui ont participé à la construction de la prep est la base sur laquelle on s’appuie.

 

Deuxième chose sur laquelle on s’est appuyé, dans la lignée de notre expérience, toujours, c’est évidemment notre expérience de jury. En école, ou au repaire. On a étudié des centaines de dossiers (sans rire hein, on a fait de gigantesques excels avec vos notes, vos expériences, on a fait des courbes, on a vraiment essayé de comprendre ce qui faisait une admission dans la pratique, c’est un travail monstrueux). Disons qu’entre ça, et le bon millier d’entretiens avec vous, on commence à voir des tendances apparaître. 

 

Troisième chose, les jurys officiels de Sciences Po. Quoi de mieux pour savoir ce qu’un jury veut entendre, que d’aller lui demander ? Et alors... c’est ce qu’on a fait. On est allé poser la question à tout un tas de gens différents, de l’administration de Sciences Po qu’on connaissait pas, des profs, des professionnels qui sont membres du jury, et puis les copains qui sont jurys, pour savoir ce que tout ce petit monde attend de vous, officiellement, mais aussi, ce qu’il y a derrière les coulisses, ce qui leur plaît, ce qui leur plaît moins, et on essayé de cartographier tout ça. 

 

Quatrième et dernière chose sur laquelle on s’est appuyés et qui nous a permis de faire ce cours, c’est vous. On a religieusement demandé aux anciens du repaire, ce qui les a aidé, moins aidé, ce qu’ils auraient aimé avoir etc. On a largement affiné ce qu’on vous raconte en fonction de vos retours à vous. 

 

Et une fois qu’on a fait tout ça, toute dernière étape, par acquit de conscience, on est allé jeter un oeil sur ce qui se faisait dans les prépas privées, pour s’assurer qu’on était pas à côté de nos grolles. Bon globalement, on dit des choses très similaires. On a été très rassurés. 

 

Donc, voilà comment on a construit cette prep. On espère qu’elle est solide, (on pense que c’est solide) on espère qu’elle est sympa, et que, en plus de l’admission, vous y apprendrez plein de choses. 

 

Mais on a déjà été beaucoup trop long, assez introduit, parlons de Sciences Po. 

Comprendre sur quels critères se joue l’admission

Toute première étape dans la préparation à Sciences Po : savoir ce qui est attendu de vous. 

 

L’autre jour, je lisais une phrase dans un bouquin écrit par un RH, qui me paraît relativement résumer l’idée:

"The one who gets hired is not necessarily the one who can do the job best. But the one who knows the most about how getting hired. 

 

Bon alors la toute première chose. Pour se préparer au mieux à une épreuve, quelle qu’elle soit, il faut d’abord savoir à quel jeu on joue. Très concrètement, il faut savoir ce qu’il faut faire pour gagner. Si vous ne savez pas s’il faut sauter loin, s’il faut sauter haut, ou s’il faut sauter manière de manière synchronisée, ça risque d’être compliqué pour marquer des points.

Et surtout, vous saurez pas comment vous entraîner. Désolé de filer une métaphore aussi grossière mais, un basketteur ne fait pas les mêmes exercices qu’un footeux. L’un s’entraîne pour sauter haut, l’autre à courir des kilomètres pendant 90 minutes avec des accélérations. Et un marathonien c’est encore autre chose. 

 

Il faut savoir la logique derrière l’oral de Sciences Po, ce avec quoi le jury vous donne des points, sinon vous allez vous y préparer comme des cornichons. 

 

Pourquoi est-ce qu’on précise ça. Parce que vous pensez encore beaucoup trop souvent que c’est un oral de connaissances. Que le jury vous pose des questions, que vous devez bien répondre -surtout ne jamais dire que vous ne savez pas, on en parlera de ça aussi- et qu’en gros, l’oral, c’est une sorte d’interrogatoire de la Stasi pour vérifier que vous connaissez le nom de tous les présidents du conseil de la 3e République et la position du premier ministre bulgare sur l’OTAN. 

 

Le problème, avec cette approche, c’est que si on pense ça, on se prépare en fichant les présidents de la IIIème République. Et ça, c’est une connerie.

 

Donc, oubliez ce que vous savez ou ce que vous pensez savoir de l’oral, et allons explorer la question de ce que le jury attend de vous, sérieusement. 

 

La réforme du concours nous donne la clé de ce qu’il faut faire

 

Donc, il n’y a plus d’écrits au concours de Sciences Po. C’est dossier + oral. 

 

Mais il faut faire un petit détour par les différentes réformes du concours. L’historique du truc. On vous promet, c’est pas pour vous emmerder, c’est juste que regarder d’où est parti Sciences Po en termes de concours, pour en arriver à ce format, ça nous donne l’esprit général de l’école sur la question, et en filigrane, la réponse de ce qu’il faut faire. 

 

Il y a 20 ans encore, il n’y avait QUE des écrits. 4 épreuves. Dont la fameuse culture générale, en 4h, le truc à l’ancienne, vous savez, concours républicain, égalité de tous par la copie anonyme. Egalité tu parles, soit t’es dans un bon lycée, t’as appris à disserter sur tout, et t’as les codes, soit t’y étais pas et tu les a pas.

Alors il y a une vingtaine d’années, Sciences Po a compris que ça limitait leur recrutement à certains profils. Du coup, ils ont commencé à changer leur processus sélection. 

 

Je mets une parenthèse, il faut bien comprendre que le choix du processus de sélection, vous faites un oral ou vous faites un QCM de culture G, ou autre chose, ça ne se fait qu’avec un objectif : qui recruter ? Si vous voulez des cracs sur madame Bovary et les stoïciens, vous faites une épreuve de culture G. Si vous voulez des gens qui s’intéressent au monde plus concret, l’économie, la politique, vous feriez peut-être une autre épreuve, une épreuve de réflexion sur l’actualité. D’ailleurs ça existe. Si vous voulez recruter des gens avec une bonne écriture, vous leur faites écrire un article. Donc, chaque format d’épreuve, n’est que le reflet de ce que l’école recherche. C’est important de comprendre ça, parce qu’il suffit de regarder la nature de l’épreuve du concours pour comprendre très exactement ce que les mecs ils veulent ! Mais revenons à notre réforme du concours.

 

Donc, il y a une quinzaine d’années, premier changement, on ajoute un dossier d’admissibilité et un oral. Histoire de voir un peu si le candidat a autre chose sous le capot que les stoïciens. Et puis, en parallèle de ça, on fait une procédure internationale, pour aller chercher ceux qui parlent des langues, procédure donc, qui n’a pas d’écrit. Sans parler des conventions CEP (ou procédure ZEP). Vous voyez, déjà, on change le modèle de recrutement tradi.

 

Et puis petit à petit, on juge que l’épreuve de culture G, c’est quand même très codifié, que ça barre la route à plein de gens qui auraient le niveau, mais qui ont pas forcément ces codes-là, donc, suppression de la culture G. Ca fait couler beaucoup d’encre, “comment, vous nivelez par le bas” Bon, suppression de la culture G. 

 

En parallèle de ça, même chose pour le concours en master. On réduit le nombre de matières, on change la culture G en épreuve d’ordre général beaucoup plus courte, et puis on passe à une seule épreuve, l’épreuve de synthèse, et on supprime les écrits. Dossier + oral. 

 

Et la suite logique de tout ça, ça a été, on fait la même chose en première année, suppression totale des écrits. 

 

Alors évidemment, les gens ont gueulé. Haters gonna hate, il y a toujours des gens pour être pas contents quand ça change. En vrai - et c’est notre opinion, on ne vous demande pas d’être d’accord - Sciences Po essaie de s’adapter à la réalité du monde. Recruter des bêtes à concours qui savent disserter sur tout, en citant Hobbes ou Flaubert, c’était bon dans les années 50, mais c’est pas ça dont on a besoin aujourd’hui.

 

Et donc, la forme du concours change. Il faut bien voir que, les anciennes formes de concours, et les écrits notamment, c’était pas une mauvaise chose. C’’était une forme d’élitisme qui correspondait à une époque. Maintenant, ça a changé. Et il faut le comprendre, parce que ça a de grosses répercussions sur comment on aborde le concours. Et si on vous raconte tout ça, c’est parce que notre job, c’est aussi de déconstruire ce mythe qui est encore en bonne partie perpétué par tout le monde (les profs et les parents notamment, et encore plus par ceux qui n’ont pas été à Sciences Po), il faut être le premier en histoire, scrogneugneu.

 

En résumé : tirez les conclusions de la réforme du concours. Sciences Po s’ouvre, Sciences Po respire. Sciences Po ne cherche plus des bêtes à concours, et on croit pouvoir dire, c’est une bonne nouvelle pour tout le monde.

 

Alors du coup, qu’est-ce qu’ils cherchent, Sciences Po ? On va voir ça ensemble.

 

Les critères d’admission officiels ne disent pas grand chose

 

Donc. On va essayer de comprendre la règle du jeu de l’admission. On va partir du plus officiel, ce que dit le site de Sciences Po, au plus officieux, c’est-à-dire, l’interprétation qu’on peut en faire, et ce qui est de l’ordre du non dit. 

 

Alors, le site de Sciences Po il fait état de 4 critères officiels de sélection

 

“La performance académique au lycée”

“La moyenne des épreuves écrites du bac”

“Le profil du candidat avec des éléments qualitatifs sur sa motivation et sa progression”

“La performance orale”

 

Autrement dit

1. Votre niveau scolaire

2. Votre profil 

et si vous êtes sur ces deux critères, admissibles,

3. L’oral. 

 

Ces trois axes de notation permet à Sciences Po de trouver ce qu’ils cherchent.

En fait, ils essaient de mesurer plusieurs choses.

 

D’abord, que vous ayez un certain niveau de rapidité intellectuelle et un certain niveau de connaissances. Il y aurait plusieurs manières de mesurer ça. Pendant longtemps, ça a été les épreuves écrites du concours, maintenant, ils pensent pouvoir juger de ça à travers vos résultats scolaires. Peu ou prou, ça marche tout aussi bien. 

 

Soulignons au passage que passant de leur propre indicateur à l’indicateur Contrôle continu + Bac qui est mesuré par l’éducation nationale, ça renforce d’autant l’importance de vos notes. Avis à ceux qui nous écoutent et qui ont devant eux le premier trimestre de terminale. Faites nous un beau trimestre ? On ferme la parenthèse.

 

Donc, critères. 

1. “Performance académique au lycée”, ça veut dire ce que ça veut dire, c’est vos notes de seconde première, début de terminale. “Moyenne des épreuves écrites du bac”, comme son nom l’indique, c’est les notes du bac.

Alors Sciences Po en fait peut-être deux indicateurs distincts, mais nous pour comprendre ce qu’ils veulent, on regroupe les deux. Donc, niveau scolaire, sachant que ça veut dire contrôle continu + bac. Et évidemment, Sciences Po sait adapter en fonction de votre lycée de provenance.

Pour répondre tout de suite à la question du niveau qu’il faut avoir, on y reviendra dans la suite de la prep, mais, juste, pour rassurer les flippés, il n’y a pas que les gens qui ont 18 qui passent. ça aide bien sûr, mais il n’y a pas que ça. On a aussi moins, même bien moins, mais il faudra autre chose pour compenser. 

A noter qu’ils vont aussi regarder votre progression scolaire, et les commentaires dans votre bulletin, évidemment que ça nous intéresse de savoir si par exemple “élève modèle, s’est vraiment réveillé en terminale” oui bien sûr ça joue. 

 

2. Votre profil, i.e., qui vous êtes. C’est tout un tas de choses qu’on essaie de mesurer (...de la manière la plus... scientifique possible. C’est votre parcours, vos activités, qui figurent dans le dossier, mais c’est surtout ce qu’on trouvera dans la lettre de motivation. I.e. vos intérêts intellectuels, vos lectures, vos envies, vos projets, vos motivations, votre personnalité etc etc. ça va être la partie la plus “humaine”. 

 

Et 3. si vous passez le cap de l’admissibilité, 3e critère, la performance orale. En fait, on va mesurer les mêmes trucs, mais en vrai, en discutant avec vous. Est-ce que vos bons résultats sont juste de la façade ou est-ce que vous savez vraiment réfléchir sur un sujet, et sortir les connaissances qui vont avec ? Et pareil pour le profil, est-ce que c’est juste une belle lettre écrite par papa maman, ou est-ce que vous êtes matures, préparés, et en phase avec l’école ? 

 

Donc voilà ce qu’on peut tirer des critères officiels. Maintenant, essayons d’interpréter un peu tout ça, c’est ce qui nous permettra d’empoigner la prep par le bon bout.

 

Que cherche le jury ? 

 

Rappelons avant d’entrer dans le sujet ce que le jury ne cherche pas. 

 

Il faut bien avoir en tête ce qu’on disait plus tôt : les critères de sélection eux-mêmes nous renseignent sur ce qui est attendu. Quand vous passez le permis, on ne vous met pas un oral de motivation, pour savoir combien vous êtes passionnés des voitures. On s’en fout, c’est pas le sujet ! On veut juste savoir que vous savez avoir le bon comportement sur la route, pour pas faire de la merde. Donc on fait un QCM : est-ce que vous connaissez ce panneau ?

Pour Sciences Po, c’est pareil. Si le but c’était de tester votre culture générale, on vous mettrait un QCM de culture générale. Si le but c’était de tester vos connaissances en Histoire… on vous mettrait un QCM d’Histoire ! 

Donc, première chose à comprendre : Sciences Po veut des gens rapides de la tête, qui ont une certaine culture, d’accord, bien sûr, on va pas prendre des ignares, mais y a pas que ça

 

Alors, qu’est-ce qu’ils veulent ?

 

A notre avis, une bonne partie de la réponse se trouve sur le site de Sciences Po, mais dans la rubrique de l’oral d’admission.

 

Alors attention, ça c’est les critères de notation de l’oral. On reviendra en détail dessus bien sûr, quand on parlera de l’oral. Mais on trouve que ces critères nous renseignent bien sur ce que Sciences Po attend de vous de manière générale, en tant que candidat. Regardez un peu : 

 

1. “ouverture d’esprit”

2. “curiosité intellectuelle”

3. “capacité à être en prise sur le monde contemporain”

4. “esprit critique”

5. “capacité à développer une réflexion personnelle.

-et vous observerez que ce n’est pas “niveau de connaissances” mais “capacité à mobiliser et à mettre en relation des connaissances pertinentes” ça n’est pas pareil. ça veut pas dire, est-ce que vous savez plein de choses, c’est, est-ce que vous savez utiliser le peu que vous avez pour faire un argument logique ? C’est beaucoup plus intéressant pour un jury. On y reviendra.

Et dernier critère de Sciences Po, le“goût pour l’innovation”. On peut passer là dessus, comme diraient certains, c’est de la poudre de perlimpinpin)

 

Alors, on regarde d’un peu plus près, et on se risque à une interprétation. En fait, on va les regrouper en 2 groupes

 

1) ouverture d’esprit, curiosité intellectuelle, capacité à être en prise sur le monde contemporain

2) esprit critique, capacité à développer une réflexion personnelle, capacité à mobiliser les connaissances pertinentes

 

En fait, ça fait 2 critères : est-ce que vous êtes curieux ? Est-ce que vous vous intéressez au monde autour de vous ? 2) est-ce que vous réfléchissez, ou essayez de réfléchir, par vous mêmes, en remettant en cause, en critiquant, en essayant vos grilles de lectures ? Bref, est-ce que vous avez une certaine maturité intellectuelle ? 

 

Voilà pour les critères officiels. Maintenant, on se met dans le siège du jury et on vous dit noir sur blanc ce qu’on attende vous.

 

1.On veut des gens curieux, des gens qui veulent comprendre le monde qui les entoure. Qui s’intéressent à plein de choses. 

Si vous visez Reims, et que vous ne savez pas qui est le secrétaire d’Etat américain, c’est pas le fait de ne pas savoir son nom qui va vous coûter le plus cher, mais le fait qu’on va en déduire que vous êtes pas curieux. Vous ne pouvez pas ne savoir un truc comme ça si vous lisez régulièrement les journaux ! Vous comprenez ? 

 

2.Ensuite, des gens engagés, qui veulent agir sur le monde qui les entoure. Et qui se bougent. Chacun a sa manière, ne commencez pas à paniquer parce que vous êtes pas dans 36 associations, ça peut simplement être un engagement intellectuel. Mais au moins, vous avez une envie de vous investir, faire bouger les lignes, vous avez un feu en vous, même petit. Mais vous avez pas juste comme objectif de vie d’aller faire de la finance pour gagner des sous. On a aucun problème avec la finance, et on a aucun problème avec les sous. Juste, on veut sentir que vous avez ce machin, cette soif. 

 

3.Troisième chose, des gens qui qui ont une certaine maturité intellectuelle, qui essaient de réfléchir, qui mettent en cause, qui discutent, qui ont un certain esprit critique, et qui essaient de réfléchir par eux mêmes

 

4.Et puis enfin, des gens qui ont une certaine maturité non pas intellectuelle mais humaine. Qui se posent des questions, sur eux sur le monde. Qui se connaissent un peu, savent tirer les enseignement des étapes de leur vie.

 

5.Le tout, encadré par le fondamental de tout entretien quel. Qu'il. Soit. Des gens qui ont envie, qui se bougent, et qui attendent pas que ça se fasse gentiment à leur place. Vous avez de l’énergie.

 

Et, tout ça, nous en tant que jury, on va le voir, en partie dans votre dossier, et en partie à l’oral. 

 

Et le job de votre préparation, et c’est là où nous on est là pour vous aider, c’est de leur montrer par A + B que vous êtes curieux, ouverts, engagés, matures etc etc etc. (Et on vous prévient tout de suite, ça ne passe pas par des fiches sur les stoïciens). 

 

Petite parenthèse très brève sur une question que vous vous posez souvent, et qu’on traitera plus tard, qui est la question du “profil Sciences Po”. Est-ce qu’il y a un profil Sciences Po. 

Alors non, mais un touuut petit peu quand même. 

Non parce que Sciences Po ne veut pas des petits robots qui jouent à être Sciences Po, ils veulent vous voir vous, vraiment, comme vous êtes, on pense que vous commencez à voir ça. 

Oui dans le sens ou certaines qualités sont quand même attendues. Par exemple, la curiosité pour le monde qui vous entoure, on en parlait, si vous n’avez pas ça, ça va pas bien se passer. Donc, le jury veut voir un mélange entre une personnalité et des attendus. Mais les attendus, pour nous, sont tellement évidents que ça constitue pas un “profil” Sciences Po à proprement parler. Faut pas déconner. Si vous n’êtes pas curieux, si vous regardez l’actu vite fait, mais qu’en vrai ça vous intéresse pas, ne venez pas à Sciences Po quoi. 

 

Mais on reviendra sur cette question plus tard. En tout cas, pour vous rassurer, si vous aimez lire et regarder plein de choses, que vous lisez la presse avec intérêt, que vous aimez bien tout ce qui gravite autour de Sciences Po, l’histoire, l’économie, la politique, si vous avez de vous mêler d’une manière ou d’une autre, de l’ordre du monde… vous avez le profil Sciences Po.

Comment se préparer, l’approche du repaire

Maintenant, concrètement, comment on va organiser notre prep. En fait, on va être très pragmatique. D’abord, première partie de l’année, on s’occupe l’admissibilité. Puis, jusqu’à l’été, on s’occupe de l’admission.

 

Première partie d’année, on va faire globalement deux choses : 1) on va commencer à se préparer sur le fond, acquérir les connaissances et les réflexes intellectuels qui vont faire qu’on a des choses et si possible intelligentes à raconter à l’oral. Au programme : actualité, culture g, esprit critique, esprit de synthèse. Et 2) on va s’occuper du dossier. Introspection, recherches sur l’école, mise en forme du CV et de la lettre de motivation.

 

Deuxième partie de l’année, on va s’occuper de l’oral. On va continuer le travail de fond bien sûr -ça ne s’arrête jamais- tout en acquérant les techniques pour l’entretien : comment se présenter en début d’oral, comment prévoir les questions évidentes, comment répondre aux questions de réflexion. La base. Et puis on explorera des choses un peu plus avancées, par exemple comment tendre des perches au jury pour qu’il aille nous chercher sur les sujets où on est à l’aise, comment placer efficacement une anecdote dans son discours, le fameux storytelling, et puis on travaillera aussi sur l’émotionnel, comment  avoir une énergie qui donne envie au jury, ou encore, comment gérer l’anxiété.

 

Donc voilà, très très globalement, les 2 grandes étapes par lesquelles on vous fera passer. 

 

Travail & investissement

 

Maintenant, le travail, c’est vous qui allez faire. Disons un tout petit mot sur le travail qu’implique la préparation.

D’abord, on préfère ne pas parler de travail, parce que “travail”, tout de suite, ça alourdit le truc. A la base, le mot travail vient du latin “tripalium”, qui était un instrument de torture. En grec, même chose, le travail se dit “douleia”, qui vient de “douleia”, qui veut dire esclavage. Bonjour l’ambiance.

Sauf que vous, contrairement aux gens qui passent l’agrégation ou des concours lourds, avec des programmes indigestes, des trucs qu’on pas choisis, qu’il faut connaître sur le bout des doigts, vous vous avez un luxe incroyable, qui est que le travail va essentiellement consister en lecture de trucs qui vous intéressent, en le développement de votre esprit critique, en introspection, et en recherches sur l’école, bref, des choses qui devraient normalement vous botter, et dans lesquelles il est assez facile de mettre du temps sans y laisser beaucoup de substance. Alors oui, il y aura des éléments moins amusants comme la rédaction de la lettre ou la préparation de l’argumentaire de l’oral, mais globalement, le gros du “travail” est quand même assez plaisant. Donc, on fait le choix de ne pas parler de travail mais de temps passé et d’investissement. 

 

Une fois qu’on a dit ça. Le temps que vous allez consacrer à la prep, c’est votre meilleure chance de réussir. Ceux qui vont être admis, c’est pas ceux qui ont les meilleurs résultats scolaires, ceux qui sont les plus rapides dans la tête, ceux qui ont la plus grand culture ni même ceux qui sont le plus à l’aise à l’oral. Il va falloir nous croire sur ce coup là. Déso, encore un petit argument d’autorité. Ceux qui vont gagner, ça sera ceux qui sont le mieux (et le le plus souvent, le plus) préparés. 

La richesse, la fluidité, l’intérêt de la discussion que vous aurez avec le jury dépend essentiellement du temps de préparation et d’entraînement. Avoir des connaissances sur le monde qui vous entoure, mener une réflexion structurée, et intelligente, se connaître, connaître Sciences Po, et même, être soi-même à l’oral, c’est pas quelque chose qui s’invente sur le pouce. C’est juste du temps de prep.

 

Là dessus, je citerai volontier notre ami Arnold Schwarzenegger (que vous verrez souvent réapparaître dans mon propos, je l’aime d’amour vrai) avec son accent autrichien “you can’t climb the ladder of success with your hands in your pockets”. 

 

Voilà, ça c’était pour la minute motivation école de commerce. Sérieusement. Nous on vous fournit la boussole qui vous permet de savoir où vous allez, mais c’est vous qui marchez. 

 

Comment se préparer, l’approche du repaire (sur la forme)

 

Très concrètement, quelle forme prend la prep ? 

C’est simple. La prep est divisée en 2 parties, qui correspondent aux deux étapes qu’on évoquait : prep de fond et dossier pour l’admissibilité, prep sur l’oral pour l’admission.

Dans chacune des 2 parties, plusieurs chapitres, qui traitent chacun d’un aspect le plus complètement possible. Dans chaque chapitre vous aurez des vidéos d’explications, et des exercices qui vont avec. 

 

On a pensé cette prep pour être la plus efficace possible, i.e. vous donner le plus qu’il faut pour comprendre les mécanismes de l’admission, tout en faisant le plus synthétique possible, parce que votre temps est limité. 

Du coup, on vous conseille de suivre le parcours. Evidemment, vous vous êtes tenté d’aller direct vers les chapitres qui parlent des choses qui vous posent problème -culture g, lettre de motivation. Vous pouvez bien sûr faire ça, surtout si vous êtes pris par le temps du fait d’une inscription tardive, mais on vous conseille quand même de suivre le fil, quitte à passer rapidement sur ce qui vous paraît évident. 

 

En parallèle de nos explications, on a imaginé des exercices pour vous faire mettre les mains dans le cambouis, et vous faire avancer concrètement, pas juste dans la tête. 

Là aussi, on vous encourage à faire le fil des exercices, mais n’hésitez pas à adapter. Si certains vous aident vraiment, approfondissez, si certains vous parlent moins, raccourcissez, faites votre version à vous. Les exercices, il faut vraiment les voir comme un cadre de référence pour votre pratique à vous. Donc, inspirez-vous en, appuyez-vous dessus, mais n’hésitez pas à les adapter, et les dépasser, et faire votre tambouille.

 

Notre pédagogie & notre liberté de ton

 

Un mot sur notre “philosophie de préparation”, si vous nous permettez ce gros mot, si vous voulez on peut parler de pédagogie, mais disons, notre manière de vous transmettre des choses. On annonce la couleur dès le début, on n’a pas une approche scolaire à ce concours. (D’ailleurs il n’y a pas grand chose sur quoi on a une approche scolaire.) 

 

Notre angle, que ce soit pour le travail de fond, pour acquérir des connaissances, ou pour la préparation à l’oral, c’est de s’appuyer sur qui vous êtes vous. Alors bien sûr, dans un concours comme celui-là, il y a des codes à respecter, il y a des choses qui marchent mieux que d’autres, objectivement il y a certaines choses qu'il vaut mieux faire, on les verra ensemble, mais au final, ce qui va vous faire réussir, c’est d’être -le plus possible- comme vous êtes vraiment. 

 

A l’oral, il vaut 1000 fois mieux citer Jacques Brel, ou Orelsan, si c’est ça qui vous parle vraiment, qui dit quelque chose de vous, plutôt que de faire un sketch pas crédible sur votre amour de madame Bovary. Vous. Votre monde. Et c’est à partir de là, que vous montrerez votre culture, votre ouverture sur le monde. Pas en faisant une fiche sur un truc qui vous intéresse pas. (Maintenant si vous aimez Flaubert, ça sera madame Bovary). Une chose est certaine : les jurys ça fait des années qu’ils font ça et si vous dites des choses ou avez des références qui vous correspondent pas, ils verront à travers vous comme si vos parents étaient vitriers. 

Donc voilà par où on empoigne la prep. 

Et pour l’oral, on va faire pareil. On va partir de vous, de votre vie à vous, de vos intérêts à vous, de votre manière d’être à vous, pour en faire quelque chose qui montre bien qui vous êtes. Et c’est comme ça que vous convaincrez le jury. 

 

Bon. ça c’est pour notre approche.

 

Un dernier mot peut-être sur notre liberté de ton. Comme vous avez peut-être remarqué, on a une tendance à être assez relax sur le vocabulaire, si quelque chose est une connerie, on vous dit, c’est une connerie, moi-même j’ai une tendance à parler comme un charretier, c’est un choix. 

Rassurez-vous, on a appris comme tout bon sciences po à parler comme des pingouins. 

 

“Il va sans dire que dans un premier temps, il convient de nous interroger sur les fondamentaux de la candidature, dont la lettre de motivation est un élément majeur.”

 

On sait faire. C’est juste que c’est chiant comme la pluie, et on a pas l’intention de crever avant l’âge. Donc, on choisit de vous parler nor-mal-ment.

Maintenant n’allez pas croire que parce que on est relax sur la forme, qu’on va être relax sur le fond. Sur le fond, on sera structurés, on sera exigeants, et une des philosophies de base pour le repaire, c’est si on prépare un concours, on y va pour gagner. Donc on ne laisse au rien au hasard, et on vous le répétera assez, c’est l’investissement, et l’entraînement encore et encore, qui vous fera gagner. 

C’est juste que, c’est pas parce qu’on prend un concours au sérieux, qu’on doit forcément s’y préparer dans une ambiance de pisse vinaigre.

 

Donc, joie bonne humeur sur la forme, exigence sur le fond.

L’esprit critique, qualité première à développer

Avant dernière chose avant de commencer. Remettez en cause ce qu’on vous dira. Pour plusieurs raisons, qui sont chaque sont suffisantes seules. 

D’abord, parce que malgré notre expérience dans ce domaine, on n’est pas encore, contrairement au pape, infaillibles. On a nos biais, on a nos angles morts, et on peut avoir des oublis, ou même se tromper, en toute bonne foi !

Ensuite, parce que vous êtes tous différents, et que par définition, dans la logique qui est la nôtre, de vous encourager à faire à votre manière, les conseils ne peuvent pas s’appliquer de manière uniforme. Donc, à charge pour vous d’adapter, d’en extraire ce que vous jugerez bon pour vous, et laisser le reste. 

Enfin, troisième raison, parce que vous êtes plus des enfants, et qu’on commence à attendre de vous une certaine autonomie dans la réflexion. Vous visez Sciences Po, il paraît que c’est une école attachée à l’esprit critique, quel meilleure occasion que la préparation à ce concours pour exercer vos réflexes de remise en cause de l’autorité ? 

 

Blague à part, on vous le dira en long en large, en travers et en oblique : remettez en cause ce qu’on vous dit. Nous on va vous donner une structure de prep, des axes de travail, des conseils, des exercices, et on a pensé tout ça avec l’idée que ça vous aide le plus possible. Mais à vous des les adapter.

 

Règle absolue du repaire : prenez ce qui vous aide, discutez et/ou jetez le reste.

Croyez en vous

Un certain nombre d’entre vous, doute de sa capacité a y arriver. Pour plein de raisons. Certains parce vous vous sentez pas légitimes. Vous sentez bien l’envie, mais c’est pas le genre de parcours qu’on a chez vous, vous êtes dans petit lycée (le nombre de fois où on entend ça, ça nous rend oufs, “je suis dans un petit lycée”), bref, vous vous sentez pas légitimes. Ou alors pas à la hauteur de l’école.

Pour d’autres, vous vous sentez à peu près légitimes, mais c’est le concours qui vous fait flipper. Vous avez peur de ne pas avoir assez de culture générale, ou votre esprit de synthèse, il fait de l’absentéisme, ou encore, vous vous sentez seuls face à la masse de travail. 

Mention spéciale pour les filles, qui avez cette foutue tendance à avoir moins confiance en vous que les gars, et ça commence à nous courir sur le haricot. Parce que vous êtes aussi brillantes qu’eux, et que le monde a besoin de vous. On sait que tout un tas de choses dans votre parcours fait que vous prenez moins l’espace que les gars, mais on sera aussi là pour vous dire : non. Vous prenez l’espace. On a besoin de vous.

 

Donc, la plupart d’entre vous ont des doutes, parfois même des freins dans la tête, et se disent, oui j’ai envie, mais j’ai peur de pas y arriver. Et évidemment, vient s’ajouter à ça, l’argument du : si c’est pour pas l’avoir, c’est quand même beaucoup d’efforts perdus. 

 

A tout ce petit monde, on dit. C’est normal. Mais allez-y. Si vous êtes là, en train de m’écouter causer, c’est que l’idée de Sciences Po vous tourne autour (on n’arrive pas jusqu’ici par hasard). Ecoutez ce truc là en vous.

 

Et oui, ce concours fait peur. Ouais. Et le principe même du courage, c’est d’avoir peur de quelque chose, et de le faire quand même. Vous avez peut-être l’impression d’être pas du tout à la hauteur, mais, vous seriez surpris de voir ce qu’on est capable de faire en quelques mois. 

Etre soi-même

Dernière chose. A Sciences Po, on l’a dit, ils ne veulent pas savoir si vous savez ci ou ça, mais pourquoi vous vous êtes intéressé au sujet. Ils ne veulent pas que vous ayez telle ou telle opinion, mais pourquoi vous raisonnez comme ça. Ils ne veulent pas que vous soyez ci ou ça. Ils veulent vous voir tels que vous êtes. Avec vos connaissances, vos intérêts, vos envies, vos forces, et vos manques, et vos côtés nuls. 

 

Il n’y a qu’une manière de convaincre un jury : c’est d’être soi même. Le corollaire, qu’on oublie toujours de préciser quand on parle d’être soi-même, c’est qu’être soi-même ne se trouve pas sous un fer à cheval, et que ça demande du boulot. 

 

Voilà pourquoi on est là. On a essayé de faire un cours qui vous aide à faire ça, assez structuré et concret pour que vous sachiez exactement quoi faire pour vous préparer, mais assez ouvert pour vous laisser l’espace d’être qui vous êtes et de faire à votre sauce à vous. 

 

L’un dans l’autre, ne prenez pas cette prep seulement comme un moyen pour obtenir votre admission. Bien sûr, il y a un but derrière, et on ne l’oublie pas. Mais...vous êtes prêt pour un gros cliché ? Allez. C’est le chemin qui compte. Ce que vous allez apprendre pendant que vous vous préparez est au moins aussi importante que l’admission elle-même. Et c’est aussi, en fonction de ça, qu’on a taillé notre prep. 

Premier objectif, vous faire admettre dans l’école. Deuxième objectif, que le chemin pour le faire soit, humainement parlant, le plus intéressant et le plus formateur possible. 

 

Et c’est ce qu’on a essayé de faire. 

 

Allez, assez bavassé, en selle Marcel, ce concours, il ne va pas se préparer tout seul.


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