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Introduction

Pour se préparer à Sciences Po, on va faire trois trucs. D’abord on va se préparer sur le fond, c’est à dire, on va muscler nos connaissances, et nos réflexes intellectuels. Puis on va s’occuper du dossier pour passer le cap de l’admissibilité. Puis de l’oral pour être admis. 

 

Donc. Se préparer sur le fond. C’est à dire. 

1. Comment acquérir des connaissances, ou plutôt les bonnes connaissances, et évidemment, on reviendra sur ce qu’on entend par les “bonnes” connaissances

2. Comment organiser ce travail là, parce que lire l’actualité et solidifier sa culture générale, c’est un peu la jungle, on a vite fait de se perdre, donc on va organiser ce travail là de manière à savoir ce qu’on doit faire et quand

3. Comment développer son esprit critique et esprit de synthèse, parce que c’est une des composantes essentielles qui vont faire que vous allez être solides à l’oral.

 

Parenthèse : pourquoi on commence par cette prep sur le fond alors qu’on pourrait attaquer le dossier directement ? Pour deux raisons. D’abord, c’est l’étape qui va demander le plus de travail, et donc, qui va prendre le plus de temps, elle commence maintenant elle ne s’arrêtera que la veille de votre oral. Donc, on on commence au plus tôt. 2) deuxième raison pour laquelle on commence par là : on va avoir besoin de ce travail de fond pour le dossier et l’oral. Pour la lettre de motivation par exemple, on sera bien contents d’avoir exploré vos intérêts intellectuels, ça permettra d’écrire des choses personnelles et authentiques, et pas juste des “euhe, j’aime l’histoire”. Et évidemment pour l’oral, on va en grande partie s’appuyer sur vos connaissances et votre capacité à réfléchir, on ne vous fait pas de dessin, il y aura besoin d’un travail de fond préalable solide. 

 

Donc, on commence par là. Alors, regardons un tout petit peu le détail de ce qu’on va faire, pour vous donner une vue d’ensemble.

 

Pour ce qui est des connaissances, on va travailler sur deux trucs : l’actualité, on verra ce qu’on entend par actualité, mais en gros, votre intérêt pour les problématiques actuelles, ce qu’il se passe dans le monde, et ça peut être très très large, en fonction de votre campus, et de vos intérêts personnels. Deuxième truc qu’on va bosser, les connaissances plus large sur le monde, qu’on va appeler culture générale, s’il vous plaît n’ayez pas peur de ce mot là, il ne s’agit pas de savoir tout sur les peintures de Velazquez ou le règne d’Ivan le terrible, ok ? On reviendra sur ce qu’on entend par culture générale. 

 

Pour ce qui est des réflexes intellectuels, c’est à dire, esprit critique, d’une part, on va travailler sur votre capacité à remettre en cause, et tenter votre grille de lecture à vous sur une problématique, c’est à dire, votre réflexion, et d’autre part, l’esprit de synthèse, qui est votre capacité à aller à l’essentiel, et vous allez voir que c’est sacrément utile devant un jury qui a tout juste 20 minutes à vous consacrer. 

 

Donc voilà ce qu’on va faire dans les prochains chapitres. Mais avant de se jeter à corps perdu dans le travail de fond, on va faire un petit crochet par la logique du jury, essayer une fois de plus de comprendre ce qu’il se passe dans l’arrière boutique.

La place des connaissances dans la prep à Sciences Po

Revenons un peu sur ce que le jury attend de vous en matières de connaissances. Vous voyez qu’on donne une importance particulière à vous expliquer pourquoi. Et pas simplement vous dire : faites ci, lisez ça. Comprendre la logique derrière l’admission vous aide en fait à saisir le noeud, l’esprit du truc, et ça a comme conséquence que vous ne vous préparez plus du tout de la même manière, et puis surtout, une fois que vous avez compris, ça vous fait un bon paquet de stress en moins. 


Donc. Quelle est la place qu’accorde le jury aux connaissances. Procédons logiquement. Commençons par aller voir sur le site de Sciences Po. 

 

Alors on a déjà vu ça. Officiellement, il y a plusieurs critères d’admission : 

 

“maîtrise de l’expression orale”

“motivation du candidat”

“ouverture d’esprit”

“goût pour l’innovation” (bon, admettons)

“curiosité intellectuelle”

“capacité à mobiliser et à mettre en relation des connaissances pertinentes” (les voilà les connaissances)

“capacité à être en prise sur les enjeux du monde contemporain”

“esprit critique”

“capacité à développer une réflexion personnelle”

 

Bon. Qu’est-ce qu’on peut dire de tout ça. 

2 choses. 

1) les connaissances sont un critère parmi d’autres. On a compté pour vous, 1 sur 9. Déjà, ça nous dit quelque chose. Pour le jury, il n’y a pas que les connaissances dans la vie.

2) vous observez la formulation. Le site de Sciences Po ne dit pas “niveau de connaissances du candidat”, mais “capacité à mobiliser et mettre en relation des connaissances pertinentes”. En clair : c’est pas le nombre de connaissances qui est important, mais les liens que vous faites entre elles, et donc votre capacité à réfléchir à partir de là. 

 

Donc. Si on réfléchit à partir de ces données “officielles”. On ne dit pas qu’il faut être ignorant et qu’on s’en fout de connaître des choses. Evidemment, plus vous saurez de choses, plus vous aurez d’exemples, de liens à faire, et plus votre conversation avec le jury sera riche. C’est une évidence. On dit que le but n’est pas de savoir des choses, mais de savoir se servir des choses qu’on sait. 

 

Première conclusion, et intégrez cette idée bien bien au fond de votre tête. L’oral, c’est pas question pour un champion. Vous savez, le jury qui se lève en mode Julien Lepers : “ah oui oui oui oui oui, Quatre - à - la -suite” Non. C’est rare que le jury vous demande : “pouvez-vous nous dire qui est le président du conseil en 1876 ?”. C’est pas son sujet ! Et s’il vous pose la question, c’est pas là dessus que se jouera votre admission).

 

Comprendre la logique du jury, la clé pour comprendre quelles connaissances il faut avoir

 

Donc. C’est pas question pour un champion. Alors c’est quoi ? 

 

Est-ce qu’il faut pas, quand même, avoir un certain corpus de connaissances ? 

 

Allons-y la logique. Si le but pour Sciences Po, c’était de s’assurer que vous ayez certaines connaissances précises, genre des connaissances classiques, est-ce qu’il ne serait pas plus malin de vous faire un QCM de culture g, ou de connaissances sur un sujet. On pourrait, honnêtement, d’ailleurs, ça serait pas si débile, Sciences Po pourrait juger qu’ils veulent avoir une base de histoire, économie, peut-être un peu de socio, bref, ou de l’actu tout simplement. Et organiser un QCM pour savoir si vous savez ce que c’est que l’INSEE, si vous avez entendu parler de Nasser, ou si vous savez citer trois révolutionnaires français. ça nous parait pas fou. 

Ou alors, ils pourraient faire un programme. Genre vous dire, tel et tel et tel sujet, il faut les connaître. Et faire une épreuve là dessus. 

Bon, ils ne le font pas, ou plutôt, ils ne le font plus. Et on vous renvoi sur tout ce qu’on a dit sur l’évolution du concours. Il y a une raison pour laquelle ils ne le font pas, c’est que ce n’est pas qui les intéresse. 

 

En fait, la seule manière de s’y retrouver, c’est de comprendre ce qui est attendu de manière plus générale. En fait. On s’en fiche de vos connaissances. Ce qui nous intéresse, c’est votre curiosité pour le monde qui vous entoure, votre envie d’apprendre, votre intérêt pour des “sujets Sciences Po”, je mets tous les guillemets du monde, mais les grands enjeux, les grandes problématiques. Est-ce que vous vous intéressez à la transition écologique, place de l’Etat et des institutions, la place des femmes dans la société, des enjeux géopolitiques bien sûr, il serait absurde de faire la liste de tous les sujets, vous comprenez. On veut savoir si tout ça vous intéresse. 

Et on attend pas de vous d’être des tronches sur l’ensemble des sujets. Qu’il y en ait deux trois où vous savez vraiment des choses, super, mais on veut voir que sur les sujets qui touchent à l’actualité, vous n’êtes pas complètement aux fraises (“ça vous inspire quoi, la privatisation de telle entreprise publique”, une question comme ça, nous regardez pas avec des yeux de merlan au gratin, vous avez sûrement un truc à dire dessus, sur l’intérêt général, la place du public, et c’est là où les connaissances vous seront utiles, de pouvoir nous parler de la privatisation de la SNCF, pour rendre la discussion concrète et intéressante). Mais c’est pas votre connaissance du budget de la SNCF qui va nous intéresser, mais votre curiosité générale. Et les connaissances elles servent à ça. A montrer votre curiosité / votre intérêt pour le monde d’une part, et évidemment, elles servent aussi à avoir quelque chose sur quoi s’appuyer pour mener une réflexion.

 

Si vous comprenez ça, vous tenez le truc pas le bon bout. Parce que pour vous préparer, à la place de ficher les stoïciens, ou la SNCF, vous allez vous intéresser au monde autour de vous. Comment faire ça ? On va voir ensemble.

 

Différence entre actualité et culture générale

 

Dernière parenthèse, importante. 

On a divisé les connaissances entre actualité et “culture générale”, et on met des guillemets à culture générale, mais en vrai si on réfléchit deux secondes, la limite entre les deux est floue, et somme toute, assez artificielle. 

Si on parle par exemple, des institutions actuelles, du référendum d’initiative citoyenne. Bon c’est on va dire d’actualité, en tout cas, ça fait quelques temps que cette revendication plane. Donc, on parle du référendum d’initiative citoyenne, c’est de l’actu. Mais si la discussion bouge un peu plus vers les institutions de la 5e République, de la constitution, et puis vers les droits fondamentaux, puis la déclaration des droits de l’homme. On est encore dans l’actu, déclaration des droits de l’homme ? Ou on a basculé dans la culture générale ? 

Autre exemple. On parle du conflit israélo-palestinien. Bon c’est dans l’actualité. Mais vous vous rendez bien compte qu’il est impossible de comprendre la question israélo-palestinienne sans comprendre ce que sont les frontières de 67, le droit au retour des réfugiés, et vous voyez que tout de suite, on est dans la entre guillemets culture g, en tout cas plus d’actualité directe. 

 

Donc, fin de la parenthèse, nous on va distinguer actu et culture g pour faciliter l’organisation du travail, mais en vrai, gardez en tête que c’est qu’une seule et même chose, votre intérêt pour le monde.

 

Bon. Normalement, là, vous avez une sensation vertigineuse qui est : comment on se prépare à ça ? C’est beaucoup trop énorme.

 

Et c’est là qu’on voulait vous emmener. Vous faire toucher du doigt l’idée qu’on ne peut pas essayer de faire le tour de tout. Et que bachoter, face à l’énormité des connaissances sur le monde, c’est du suicide.

 

Donc, on fait quoi ? C’est ce qu’on va voir ensemble, et vous allez voir, c’est une bonne nouvelle.

 

Comment se préparer sur les connaissances ? 

 

On parlait de bonne nouvelle. La bonne nouvelle, c’est que le concours de Sciences Po, il est ouvert. Pas de programme, juste, le monde. C’est flippant tant que vous êtes persuadés qu’il faut tout savoir sur tout, et que le jury vous jugeraaa si vous ne savez pas quelque chose. Là c’est pas marrant. 

Mais si vous comprenez que c’est vous à qui le jury s’intéresse, et que pour ça, on s’appuie sur vos intérêts intellectuels, tout de suite, c’est beaucoup plus intéressant. Les amis : votre prep va consister en grande partie, à lire et regarder des choses qui vous plaisent. Alors on va le faire sérieusement, on va le faire de manière organisée, on va prendre des notes, faire des liens, mais globalement, il n’y a pas de programme, rien n’est attendu de nous en termes de connaissances, et dans ce contexte là, la seule chose raisonnable à faire, c’est de se faire plaisir. 

 

A la fois sur l’actu, et sur la culture g.

 

Se faire plaisir ça veut dire quoi ? ça veut dire que vous allez lire et regarder des choses qui vous intéressent vraiment. ça sera beaucoup plus plaisant que de réviser des sujets imposés, et surtout, ça sera beaucoup plus efficace ! Parce que quand on choisit ses sujets, on est beaucoup plus éveillé, on retient mieux, on fait plus de liens, et on en parle avec plus de clarté et plus d’enthousiasme. 

 

Donc, voilà pour l’idée générale. Maintenant évidemment, il y aura quand même des contraintes. Des contraintes imposées par l’actualité - il se passe telle chose, telle loi importante a été votée en France, bon, il faudra s’en occuper - , ou contraintes imposées par votre choix de Campus - si vous visez Poitiers, vous ne pourrez pas faire l’impasse sur un certain nombre de problématiques sudaméricaines. Mais dans l’ensemble, on va quand même avoir une bonne marge de manoeuvre pour se muscler les connaissances tout en restant sur nos terrains à nous, et en se faisant plaisir. 

 

Concrètement, comment ça se passe. 


Pour l’actu : 

D’abord, on va hiérarchiser les sujets et les zones de travail. Parce qu’il va y avoir une priorité dans le travail. Si vous visez Reims, par exemple, un événement lié à la peine de mort aux Etats-Unis est plus important pour vous qu’un événement lié à l’avortement quelque part en Europe de l’Est. Et inversement si vous visez Dijon. Donc, comprendre quels sont les zones d’actualité, les sujets d’actualité importants pour vous. ça va être la première étape.

Ensuite, on va voir comment choisir ses médias. A partir de quoi travailler pour être efficace. 

Et puis on verra comment s’en servir. Comment ne pas se noyer dans la masse d’info en ligne tous les jours, et ensuit, comment retenir ce qu’on lit, faire des liens, et aussi, ficher. 

 

Pour la culture g. 

Là, la méthodo est plus simple, mais le travail de fond demandera plus de temps. Plutôt que de s’éparpiller dans la culture générale pour essayer de tout savoir, ce qui va nous épuiser, on va se choisir 3 sujets (ou 4, ou 5, mais 3 ça paraît déjà bien), et on va les bétonner. L’idée, c’est de choisir des sujets “Sciences Po”, c’est à dire qui touchent à la politique, à l’économie, à la sociologie, ou à l’histoire, bref, un truc que vous pourrez facilement exploiter devant le jury. Par exemple. La question des inégalités des richesses, la question des institutions de la Ve république, ou, les violences conjugales en France, ou la géopolitique de la Chine, ou Simon Bolivar, si c’est ça qui vous intéresse. En gros, l’idée ça sera de se choisir deux ou trois sujets qui nous plaisent vraiment, qu’on a envie d’approfondir, et sur lesquels on pourra si on veut insister dans notre Lettre de motivation, en toute bonne foi puisque ça sera des sujets qui nous parlent vraiment, et sur lesquels on essaiera d’entraîner le jury lors de l’oral. 

Et vous pourrez dire des phrases comme “ces derniers temps je me suis beaucoup intéressé à l’histoire de l’Amérique latine, et je me suis en particulier passionné pour Simon Bolivar, parce qu’il représente X Y Z enjeu”. Et tout d’un coup ça sera vivant, ça sera intéressant, et surtout, il n’y a pas un jury au monde qui n’ira pas creuser votre intérêt pour la question. 

Donc voilà comment on aborde la question des connaissances. Plaisir est peut-être un mot fort, en tout cas, l’intérêt intellectuel.

La place de l’esprit critique & de l’esprit de synthèse

Il faut donc des connaissances. Condition nécessaire mais pas suffisante. Les connaissances, elles vont être une base sur laquelle nous appuyer pour montrer quelque chose de plus important encore au jury : que vous savez réfléchir. Ou que vous essayez, ça sera déjà bien.

 

Les critères énoncés par Sciences Po sont assez parlants : 

 

“capacité à mobiliser et à mettre en relation des connaissances pertinentes”, “esprit critique” et “capacité à mener une réflexion personnelle”. 

 

Traduction : est-ce que vous savez utiliser les bonnes connaissances pour bétonner votre réflexion, et est-ce que vous savez faire des liens entre les sujets, est-ce que vous savez remettre en cause, et est-ce que vous essayez de réfléchir par vous-même, avec votre grille d’analyse à vous.

 

Prenons des exemples. 

Quand on vous pose une question sur les institutions françaises. Que pensez-vous de la 5e République ? Est-ce que vous savez mobiliser les bonnes connaissances, par exemple, nous dire qu’il s’agit d’un régime présidentiel, un peu particulier ? Ou qu’il a été taillé pour le général de Gaulle ? Qu’il commence en 1958 ?  

Est-ce que vous savez faire des lien, par exemple, nous dire qu’aux Etats-Unis aussi, il y a un régime présidentiel, mais que là bas, il y a une vraie importance du parlement, avec un système de contre-pouvoir. Ou que en France, il y a une grande concentration du pouvoir, contrairement à l’Allemagne, qui elle, est fédérale, et où le président a très peu de pouvoir.

Est-ce que vous savez faire preuve d’esprit critique, et par exemple dire, qu’on peut reprocher aux institutions de la Ve République de provoquer une grande concentration et une certaine personnalisation du pouvoir ? 

Ou encore, est-ce que vous savez mener une réflexion personnelle sur le sujet, et nous dire, par exemple, que cette personnalisation du pouvoir, elle entraîne, d’après vous, une déresponsabilisation des citoyens qui attendent plus un homme providentiel qu’ils ne s’impliquent eux-même dans les affaires de la cité ? 

 

On vous demande évidemment pas d’être d’accord avec ce que je viens de dire, mais c’est un exemple de ce qui serait attendu de vous à l’oral en matière de réflexion. 

 

Ajoutons à cela une qualité qui n’est pas énoncée comme critère par Sciences Po, mais on sait d’expérience qu’elle est tout aussi importante que l’esprit critique, voire plus : l’esprit de synthèse. Votre capacité à voir les enjeux d’un sujet, et à aller à l’essentiel quand vous vous exprimez. 

Est-ce que vous dites : la France a un système politique qui est démocratique, mais des fois, l’assemblée nationale paraît très dépendante du président, qui a l’air d’avoir une place très importantes par rapport aux autres pouvoirs, même si il y a des élections, le pouvoir paraît très lointain du peuple. Ou est-ce que vous dites : la France semble être une monarchie élective plus qu’une démocratie. Bam.

“Ce qui ce conçoit bien s’énonce clairement, et les mots pour le dire viennent aisément.” Bon, gardez en tête qu’être synthétique est quelque chose de difficile à faire, et que c’est normal si pour l’instant vous avez du mal, ça prend du temps et de l’expérience à développer, mais nous on va au moins en voir les bases.

 

Voilà donc les deux grands réflexes intellectuels que le jury va chercher chez vous : l’esprit critique, et l’esprit de synthèse

 

Comment se préparer à l’esprit critique & l’esprit de synthèse

 

Comment on va se préparer à ça ? 

En faisant le tour d’un certain nombre de réflexes intellectuels, on va pas faire la liste maintenant. Mais ça va de prendre l’habitude de lire un peu de presse qui nous est politiquement opposée, et avec bonne foi, essayer, quand on est de gauche, de comprendre vraiment, le point de vue de valeurs actuelles. Et quand on est de droite, aller lire l’huma, en les créditant de bonne foi, pour comprendre leurs valeurs et leurs mécanismes de pensée. Donc ça va de ça, à des réflexes plus techniques, qui seront directement utiles en oral. 

Par exemple, question. La France est-elle une démocratie ? Vous pouvez soit rentrer dans une réponse bille en tête en disant, oui la France est une démocratie, parce qu’il y a des élections. Soit vous pouvez avoir un réflexe élémentaire d’esprit critique qui est de, faire un pas en arrière, définir le mot, répondre : tout dépend de comment on conçoit la démocratie. Si on parle d’élections libres, la France est une démocratie, si on parle de respect des droits de l’Homme et de liberté de la presse, on peut avoir des doutes, regardez les violences policières dont même l’ONU s’offusque, regardez le classement de la liberté de la presse de Reporter sans frontières où l’on est que 35e, etc etc. 

Encore une fois, on ne vous demande pas de prendre parti, mais simplement de voir comment un réflexe de remise en cause de la question posée par le jury, peut vous amener à une réponse beaucoup plus riche. On verra comment faire ça.

 

Et pour ce qui est de l’esprit de synthèse, ne rentrons pas là dedans non plus, on verra à la fois comment dégager les enjeux d’un sujet, c’est à dire, voir l’essentiel, alors soit sur un sujet d’actualité générale par exemple “l’indépendance de la justice” comment savoir quels sont les deux trois points importants sur la question, soit, dans un texte, en entraînant notre oeil à voir ce qui est important et ce qui l’est moins. Donc, synthèse dans le sens voir l’essentiel. Et puis, quand on préparera l’oral, on verra la synthèse dans le sens : rendre l’essentiel. Comment être précis et percutant dans ce qu’on dit.

 

Bref. Esprit critique et esprit de synthèse, voilà à quoi on va s’employer dans la deuxième partie de cette première étape de la prep, qui traite de la préparation sur le fond.

Hiérarchisation des sujets et des “zones de travail”

Allez, on met les mains dans le cambouis. 

Avant de commencer le travail sur l’actualité et la culture générale, il faut commencer par définir ses priorités dans le travail. 

Soyons pragmatiques. Si vous aviez 20 ans pour préparer le concours, on vous dirait, lisez, lisez tout ce que vous voulez, comme vous voulez, on s’en fiche. Sauf que, on a pas 20 ans, mais quelque mois. 

Première donnée : il y a une date de passage à l’oral, et donc, on a un temps, limité. 

 

Comme toujours, quand on a du temps limité, il faut hiérarchiser. Parce qu’on ne peut pas tout faire, et donc il vaut mieux avoir fait ce qui est important. Si vous visez Reims par exemple, il vaut mieux avoir exploré la question des armes aux Etats-Unis et du rapport des américains à la liberté, que la question raciale en Afrique du Sud. Pourquoi ? Pas parce qu’un sujet serait plus important dans l’absolu que l’autre. Mais parce que, avec votre profil (vous visez Reims), les armes et la liberté aux Etats Unis est plus cohérent, et plus susceptible d’être évoqué avec le jury. Ajoutons que le jury aura plus d’attentes sur un sujet proche de vous que sur un autre. SI vous habitez au Danemark, on attendra de vous de connaître un minimum la situation économique, sociale, politique du Danemark. Par contre, si vous ne connaissez pas grand chose à l’Angleterre, bon, on vous en voudra pas plus que ça. 

Alors là on évoque les zones géographiques, mais c’est vrai thématiquement aussi. Si vous avez fait un TPE sur la peine de mort, que vous vous avez mentionné ce sujet dans votre lettre de motivation, ne pas savoir qui est Robert Badinter vous fera beaucoup plus mal que de ne pas savoir qui est Pol Pot. 

 

Donc, pour ne pas se perdre dans le travail, on commence par définir ce qui est important et ce qui l’est moins, pour chacun d’entre vous. 

 

Si vous habitez en France, ou que vous visez le campus de Paris, tant mieux, vous n’avez entre guillemets qu’une seule zone à travailler (même si ce qui se passe dans le monde vous intéressera) ! Mais si vous habitez en Italie, et que vous visez Reims, il faudra faire un travail sur l’actualité à la fois pour l’Italie, l’Amérique du nord, et la France (et le monde vous intéressera aussi). 

Et puis, il y a aussi votre parcours. Si vous êtes en France et que vous venez de passer 6 ans aux Etats-Unis, bon, vous ne pouvez pas faire l’impasse sur les Etats Unis.

Ajoutons un petit dernier, en terme de hiérarchie, géographique, c’est la zone géographique de votre 2e choix. Il faut pas être à sec sur les connaissances de son deuxième choix. Il faut pas connaître aussi bien que les 3 premiers, mais faut un minimum syndical.

 

Alors. On parlera de comment concrètement, travailler l’actu de telle zone dans les prochains chapitres, pour l’instant, comprenez qu’il y a une hiérarchie dans votre travail, en fonction de vos choix de campus et de votre parcours de vie. 

 

Deuxième chose à hiérarchiser. Vos zone d’intérêts. Et contrairement aux zones géographiques, vous avez beaucoup plus le choix.

Essayez de lister vos intérêts en matière d’actualité, de culture G

 

D’abord, sur l’actualité (au sens large)

-la transition écologique ? 

-la question des droits humains ? 

-le Brexit ? 

-le budget ? en fin d’année on vote un budget ? Peut-être que ça vous intéresse ? :)

 

Et évidemment, les sujets d’actu peuvent être plus ou moins large. La transition écologique, c’est un gros sujet. D’autres peuvent être plus restreints, beaucoup plus ponctuels. 

 

Donc. Essayez de réfléchir, et listez, 2 choses

1) ceux qui vous plaisent, ceux sur lesquels vous prenez du plaisir à lire.

2) ceux qui jouent un rôle dans votre parcours. Si vous avez fait des échanges scolaires en Allemagne, peut-être que certains sujets de l’actualité allemande vous bottent ? Vous avez fait votre TPE sur tel sujet ? Bon, hop, dans la liste. 

 

Exercice 1 (2 minutes)

 

D'abord, hiérarchisons par zone géographique. Là vous n’avez pas le choix. Très facile à faire, ça prend 1 minute.

D’abord 

1. La zone dont vous êtes issu. 

2. La zone que vous visez

3. La France, quoi qu’il arrive, Sciences Po reste français

 

Exercice 2 : Hiérarchiser ses intérêts intellectuels (30 minutes)

 

L’idée, c’est d’avoir une première liste de sujets d’actualité qui vous intéressent en ce moment


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