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Introduction

Pourquoi est-ce qu’il faut travailler l’actualité. Parce que c’est une des manières les plus directes de s’intéresser au monde autour de soi, et que du coup, Sciences Po y accorde une importance particulière, notamment à l’oral. On y reviendra lors de l’oral, mais des fois un oral peut tourner quasi seulement autour de l’actu, parfois pas du tout, souvent il y en a quand même un peu. En tout état de cause, impossible de faire l’impasse là-dessus, au contraire, il vaut mieux être bien prêt. 

Alors évidemment, on en a brièvement parlé, le but du jury, ce n’est pas de vérifier que vous ayez bien empilé toutes les connaissances et les détails de ce qu’il s’est passé dans les 3 derniers mois, mais de voir comment vous réfléchissez à partir de là. 

 

Alors comment on va travailler l’actualité. On va faire en plusieurs étapes. 

 

D’abord, on va choisir nos médias. A partir de quels médias travailler ? Encore une fois, on est dans une logique de compréhension du monde, de réflexion, d’affûtage de notre esprit critique, on se doute bien que certains médias vont nous aider à faire ça mieux que d’autres. Mais concrètement, lesquels choisir ? Est-ce qu’on reste seulement sur les médias mainstream, au risque d’avoir beaucoup de contenu plat ? Est-ce qu’on va hors des sentiers battus, mais au risque d’avoir du contenu qui peut être limite ? Est-ce que le Monde est un bon point de départ? Est-ce que le Point c’est acceptable ? Mais aussi, peut-on/faut-il lire la presse politisée, des blogs ? Et youtube, qu’est-ce qu’on fait de youtube ? Est-ce qu’il faut lire la presse anglophone ? Et les sites russes comme Russia Today, on peut ? Il faut ?

 

Il y a 1001 questions, on comprend que vous soyez un peu perdus, on est passé par là. Mais se poser cette question dès le début est super important, parce que vous vous rendez bien compte que ce sont vos lectures / écoutes / visionnages qui vont vous donner votre matière première pour réfléchir, exercer votre esprit critique et esprit de synthèse. Si vous avez des sources à la noix, la réflexion qui suit sera à la noix aussi. Donc, première chose, on choisit bien nos médias.

 

Deuxième chose, on a tout petit peu vu ça, on va hiérarchiser les sujets. Parce qu’évidemment, en fonction de votre profil, de vos intérêts, de ce que vous visez, toutes les infos qui vont passer dans l’actualité de l’année n’auront pas la même importance pour vous. Et il faut être conscient de la hiérarchie entre sujets pour orienter votre travail au mieux. 

 

Juste disclaimer. Les conseils qu’on va vous donner (que ce soit de regarder telle source, d’éviter telle autre, ou de prendre des notes de telle ou telle manière, n’ont qu’un seul but : en plus de vous informer, vous aider au mieux à développer un esprit critique et esprit de synthèse. Vous vous rendez compte, on imagine, que ce qu’on va vous proposer est une grille de lecture et pas une science exacte. Comme toujours, remettez en cause ce qu’on dira. En plus, là on s’attaque à un sujet qui va au delà de la préparation au concours, qui est de se construire des habitudes et des choix en matière de suivi d’actualité, nous on va vous donner notre manière de faire, à vous de trouver votre équilibre, et ce avec quoi vous vous sentez à l’aise.

 

Allez, c’est parti. 

Se préparer à l’actualité : ce qu’il ne faut pas faire

Alors, on commence par les choses à ne pas faire, quand on se prépare sur l’actu. Pourquoi ? Parce que dans la grande jungle des médias, il y a énormément de choses, un certain nombre de choses bien, beaucoup de choses bof, pas ouf, et une bonne flopée de trucs bien toxiques. Donc. Dans la jungle, savoir ce qu’il ne faut pas manger, c’est aussi important que savoir ce qu’on peut manger. 

Et on s’excuse d’avance, mais on va trasher un certain nombre de vos habitudes (genre, lire l’actu sur son téléphone, utiliser les réseaux). C’est des conseils qui peuvent vous paraître old school, mais ils le sont pas. C’est juste qu’encore une fois, on est dans une logique de préparation à un concours, c’est à dire, de développement de votre pensée, de votre intelligence. Sur ces choses qu’on va déconseiller, certaines sont peut-être pas inutiles. Exemple twitter. Dans l’absolu, ça peut être très utile, et pour certains, pour Diane, qui est journaliste, ça peut être un outil quotidien, mais nous, avec notre objectif, ça risque de nous polluer plus qu’autre chose. 


Après comme dit, nous on vous donne des conseils, mais c’est à vous de choisir ce qui vous convient. 

 

Donc, on vous conseille de vous méfier de (et d’éviter autant que possible) 3 trucs. 

Par ordre croissant de toxicité

1. les réseaux sociaux / les agrégateurs de news. Fuyez. Loin.

2. l’immédiateté de l’info.  

3. vos téléphones.

 

A éviter : les réseaux sociaux et les agrégateurs de news

 

Première chose qu’on évite, les réseaux sociaux. Facebook, c’est par la fenêtre sans conditions, Twitter, ça pourrait, mais il y a des choses beaucoup plus efficaces pour l’instant. 

Pour les mêmes raisons, les agrégateurs genre yahoo actualités, ou ce que vous proposent vos téléphones, genre Upday by Samsung, le diable. Pourquoi on vous les déconseille ? Pour plusieurs raisons, chaque suffisante seule.

 

1. Le choix des sujets est catastrophique. Pour une raison simple, c’est leur modèle économique. Le but de Facebook, c’est pas de mettre en avant des super contenus qui vous font réfléchir et font de vous de bons citoyens qui ont de l’esprit critique. Le Monde, c’est peut-être leur but. Médiapart ou le FigaroVox, c’est sûrement leur but. Mais Facebook, ils ont un but, c’est de vous faire scroller. Le plus longtemps possible. Allez pas chercher midi à 14h : le plus vous naviguez sur Facebook, le plus vous êtes soumis à la pub, le plus ils gagnent de sous. Revenus par la pub de Facebook cette année : environ 70 milliards de dollars. On vous fait un dessin ? C’est calculé pour, et ils ont des ingénieurs qui ne font que ça : designer le site de manière à ce que vous y restiez le. plus. possible. Les agrégateurs, même combat : le but c’est de faire du clic. 

Donc on ne vous donne pas la meilleure info, ou le truc le plus pertinent, ou le truc qui vous réfléchir, mais le truc qui vous fera cliquer. Alors on a déjà le problème quand on lit des journaux sérieux comme Le Monde, pourquoi parler de tel sujet et pas de tel autre ? Est-ce que la méchanceté de telle ministre sur un autre est vraiment plus importante que le fait qu’1 milliard de gens n’aient pas accès à l’eau potable dans le monde ? Déjà dans le Monde, le choix des sujets est une question politique. C’est de la politique, de mettre la lumière sur ci, ou sur ça. Alors dans les agrégateurs ou les réseaux, c’est une horreur. Il n’y aucun choix conscient. C’est juste, ce qu’il fait cliquer. Et si c’est une joggeuse qui s’est faite démembrer, eh bien ça sera ça qui sera mis en avant. Et tant pis pour l’initiative citoyenne locale trop bien mais qui fait moins cliquer. Donc, les choix de contenus sur les réseaux et les agrégateurs puent.

 

Même chose pour la qualité de ces contenus. C’est pas leurs sujet. Donc, on vous mets dans votre assiette des trucs...faciles quoi. C’est du macdo. C’est des petites synthèses avec une musique à la noix, vous voyez ce genre de formats pulluler sur les réseaux (c’est des formats qui sont adaptés pour le scroll et l’absence de son). Bref, on rentre pas là dedans, c’est vraiment pas ouf comme valeur ajoutée.  

 

2. Deuxième raison pour fuir les réseaux et les agrégateurs, directement liée. La distraction. On ne veut pas vous faire un grand laïus sur le infotainment, mais si vous regardez 1 minute le fonctionnement des réseaux sociaux, vous voyez l’empereur, qui règne sur tout : la distraction. Ok, il y a un article intéressant sur Donald Trump posté par un copain, juste en dessous quelqu’un commenté une photo de vous, juste en dessous une vidéo d’un chat qui joue du banjo, et hop, vous êtes ailleurs. Twitter, pas beaucoup mieux. Ok, il y a une super publication sur le feed de France Culture, mais juste en dessous, il y a Kanye West qui s’est tapé avec untel, madame connasse qui a fait une blague, et hop, vous êtes ailleurs. C’est vraiment pas génial si on veut engranger une info, la retenir, y réfléchir. Quand bien même vous iriez chercher votre info, les réseaux c’est un endroit où vous avez la tête ailleurs. Quand vous êtes sur insta, soyez sur insta, mais quand vous lisez la presse, lisez la presse, ne mélangez pas les deux.

 

3. Troisième raison. On l’a dit, les réseaux décident pour vous de ce qui est important ou pas. Alors le problème ce n’est pas seulement qu’ils choisissent les mauvais sujets, c’est que le fait de ne pas choisir vos sujets vous-mêmes, atrophie votre esprit de synthèse. Regardez. Sur un site d’info classique, par exemple Le Monde, vous pouvez très vite voir les infos de la journée, et exercer votre oeil à aller à l’essentiel, où à ce que vous voulez creuser. On en parlera plus tard, mais la capacité à discerner ce qui est important de ce qui l’est moins est un muscle qui s’entraîne, et un muscle important pour Sciences Po. 

Sur les réseaux, et encore pire sur les agrégateurs de news, tout est jeté comme ça. Et vous avez sur le même plan, la guerre commerciale entre les Etats-Unis et la Chine, la grève de cheminots, Et les histoires de couple de Kendall Jenner. On a rien contre les Kardashian. Mais disons que les tensions commerciales entre Chine et US, ça nous intéresse un peu plus dans la perspective d’avoir une discussion intéressante avec le jury. 

En plus, ces agrégateurs, ce n'est pas juste qu’ils mettent toutes les infos sur le même plan, ce qui nous flingue notre esprit de synthèse, mais ils mettent tous les médias sur un même plan, et ça, ça devient vraiment emmerdant. Parce que un article de France Info, qu’on peut aimer ou pas, sur François Fillon, ça ne peut pas être mis sur le même plan qu’un papier d’Egalité et Réconciliation (vous savez, le site d’Alain Soral, qu’on qualifiera, avec bienveillance, de torchon), papier sur une obscure manifestation avec 2 gugusses contre le sionisme...mais on s’en bat les rouleaux. Et on passe sur le décolleté de Laeticia Hallyday dans Pure People.

Donc, les réseaux sociaux et les agrégateurs sont très embêtant, parce qu’ils ne hiérarchisent pas l’info et les sources, mais surtout, ne vous permettent pas de le faire vous.

 

4. Quatrième inconvénient des réseaux sociaux et des agrégateurs, directement lié au précédent. Sur les réseaux, vous allez lire ce qui se lit autour de vous. C’est ce qu’on appelle les “bulles de filtre”. Sans rentrer dans le détail. Tout un tas d’études montrent comment sur les réseaux, on a pas énormément de chances d’être confrontés à des idées différentes des siennes. Parce que les gens qui gravitent autour de nous ont souvent des opinions similaires aux nôtres. Sur les agrégateurs, c’est pire, plus vous lisez des choses, plus ils vous proposent des choses sur ces sujets là. Bonjour le cercle vicieux. En clair : les réseaux et les agrégateurs, structurellement, ça vous enferme au niveau des idées. On doit vous rappeler que l’ouverture d’esprit est un critère pour l’admission à Sciences Po ? Fuyez. Loin.

 

Voilà, très rapidement, pourquoi on vous déconseille les réseaux sociaux et les agrégateurs pour vous informer. Les contenus proposés sont loin d’être les meilleurs, ça flingue votre capacité d’attention, ça vous empêche de développer votre esprit de synthèse et ça ralentit votre esprit critique. 

Donc, laissez tomber. Maintenant, on n’est pas des nazis, si vous êtes sur Facebook, ne commencez à vous cacher les yeux dès que quelqu’un partage un article. Juste, n’en faites pas votre source principale (ni même pas secondaire) d’information, c’est vaguement un truc en plus, et encore. 

 

L’immédiateté de l’info (et les formats courts)

 

Deuxième chose à laquelle il faut faire attention, et qu’à notre avis vous pouvez zapper, c’est l’immédiateté de l’info. Alors, je vous épargne le couplet du “nianiania, la génération de l’instantané, qui consomme l’info, c’est mal très mal, et BFM c’est des sorcières”. Alors, BFM sont des sorcières, mais c’est un autre sujet. 

 

Il se trouve, que, le système médiatique, fonctionne structurellement à court terme. C’est pour ça qu’on dit les nouvelles. ça a toujours été comme ça. Souvenez-vous de la formule de Péguy qui disait que “rien n’est plus vieux que le journal d’hier”. Une info chasse l’autre, et le plus récent devient l’intérêt du jour. Alors à l’époque c’était une fois par jour, maintenant, entre les chaînes d’infos en continu, Twitter, les flash actus, et des trucs beaucoup plus triviaux comme les notif des applis d’infos sur vos téléphones, ça fonctionne à très très très court terme. 

 

C’est pas une mauvaise chose en soi. C’est juste que cette immédiateté, à vous qui apprenez à réfléchir, elle vous sert, à notre avis, à pas grand chose, et même, elle est toxique. Vous n’êtes pas un journaliste qui doit être au courant de tout dans la demie heure qui suit pour pouvoir écrire un papier sur le sujet, vous êtes des jeunes qui veulent montrer à un jury, qu’ils s’intéressent au monde et savent mener un raisonnement. Vous êtes sur un temps beaucoup plus long.

 

Donc, l’actualité c’est une excuse pour construire votre monde. Quand vous lisez quelque chose sur le budget de l’Etat, vous faites de l’économie, quand vous lisez quelque chose sur la reconnaissance du génocide arménien, vous faites de l’Histoire, quand vous lisez quelque chose sur une réforme scolaire, vous faites de la politique. 

 

Mais c’est votre réflexion qui nous intéresse. Donc, conclusion. Cherchez du contenu qui réfléchit plutôt que du contenu qui vient d’être publié. Un article de fond, ou un docu de 30 minutes d’Arte, qui date d’il y a 2 ans, sur, le rapport de Xi Jinping au pouvoir, à notre avis, vaut 100 fois mieux qu’un flash info de BFM sur sa dernière déclaration.

 

Donc, pour vous protéger contre cette immédiateté, c’est facile, évitez 2 choses : 

1. Les chaînes d’infos en continu. Elles ne se valent pas toutes, France 24 ou la BBC font des formats très bien, BFM, moi j’ai arrêté de tirer sur l’ambulance, mais normalement, si on procédait à une analyse méthodologique critique de BFM, on dirait que c’est de la merde, et on passerait à autre chose.

2. Les notifications sur vos téléphones. Vous avez vraiment besoin de savoir la dernière publication du Monde : Schmoll mis en examen, vous avez besoin de savoir tout de suite ? A notre avis ça peut attendre quelques heures, et honnêtement, même, quelques jours. 

J’ajoute une parenthèse, conseil de moi Alexis. Enlevez de vos téléphones toutes les notifs qui ne sont pas provoquées par un humain. Vous gardez les push de Whatsapp, Telegram, et Signal, et tout le reste, ça peut attendre jusqu’à la prochaine fois que vous ouvrirez votre téléphone. Comme vous l’ouvrez 150 fois par jour en moyenne, ça attendra pas bien longtemps, vous inquiétez pas. C’est juste qu’un d’un point de vue cognitif, réagir comme un petit chien de Pavlov à longueur journée dès qu’il y a une gugusserie sur votre téléphone...wooo. Bon. Je ferme la parenthèse.

 

Donc, immédiateté de l’info, out. Décidez des moments où vous vous voulez vous pencher sur l’actu, choisir vos sujets, réfléchir. Ne soyez pas une oie qu’on engraisse. 

 

Le chaînes d’infos & formats courts

 

Un tout petit point sur les chaînes d’infos. Elles ont leur utilité, on l’a dit. Mais pas pour vous. Pourquoi ? Pour une raison simple, les chaînes d’infos non plus, ce n’est pas leur job de vous faire réfléchir. Mais juste de donner l’info. Donc le niveau global de réflexion, il est pas ouf, et c’est pas forcément à imputer aux journalistes, c’est le format qui veut ça.

Exemple, pour vous montrer que ce n’est pas une affaire de jugement de valeur. Prenez un type comme Emmanuel Todd, qui est historien démographe, vous l’interviewez chez lui pendant 3 heures, ça fait un truc super complet. Il a le temps de réfléchir, de développer une pensée. Vous mettez le même Todd chez Apolline de Malherbe sur BFM pendant 20 minutes, on lui coupe la parole, on change de sujet toutes les 3 secondes, il y rien qui en sort, c’est désespérant. 

On vous rassure, Todd n’a pas changé et reste un brillant universitaire quand il est sur BFM. Juste, ce format étant ce qu’il est (et les journalistes-amuseurs de BFM ce qu’ils sont), il ne peut pas faire ce qu’il fait de mieux, c’est-à-dire réfléchir. 

 

Ce qui est vrai pour les chaînes d’info en général, est vrai pour certains formats en particulier. Surtout les formats courts. Exemple, les invités de matinales sur les radios.

Un invité de matinale, c’est à la pensée ce que le McDo, est au repas nutritif pour un sportif : on sait que c’est pas bon, du coup, on se plaisir uuune fois de temps en temps, mais dans le cadre de la préparation à une compet, c’est non. Les interview qui durent 7 minutes pour couvrir 4 sujets, c’est la mort de la pensée, ni plus ni moins. On ne leur en veut pas. C’est pas leur fonction. Leur fonction c’est de faire de la politique. C’est à dire, une matinale comme ça, c’est pensé pour que le responsable politique puisse lâcher ses éléments de langage et influencer le cycle médiatique (et ensuite, “untel a dit ça, vous en pensez quoi ?”) et pour le journaliste, le but, c’est d’avoir un truc bien croustillant (“est-ce que vous regrettez ces propos” ? Pour pouvoir écrire “untel regrette”. ça c’est pas de l’info, c’est de la politique. Donc, oubliez ces formats là pour l’instant, c’est pas encore dans votre monde.

 

Dans la même lignée, on peut jeter tout ce qui relève de la polémique, qui occupe une partie de l’info (et qui occupent une énorme partie de l’info sur les réseaux sociaux) “votre collègue dit X, vous dites Y, il n’y a pas une brèche entre vous ?” Toutes les vidéos genre Figaro vidéo, out.

 

Alors on ne dit pas qu’il ne faut jamais lire ou écouter ce genre de chose. Nous on lit les potins politiques en page 2 du Canard enchaîné comme tout le monde. Mais il ne faut pas compter sur ça pour nous aider à mieux penser les enjeux fondamentaux du monde.

 

A choisir, si vous n’avez que 5 minutes, allez écouter un podcast sur France Culture. Petite analyse de 3 minutes sur un sujet. Au moins vous apprendrez quelque chose. 

 

L’actu sur les téléphones

 

Un mot plus personnel, et là c’est moi qui parle, et pas le repaire. Méfiez-vous de vos téléphones. En moyenne, on regarde notre Instagram 150 fois par jours. Vous c’est peut-être seulement 50. Mais c’est beaucoup. Pourquoi ? Parce qu’à chaque fois qu’il s’y passe quelque chose sur notre téléphone, on a un mini shoot de dopamine. Sans rentrer là dedans, c’est littéralement, chimiquement parlant, une addiction. Regardez donc combien de fois vous ouvrez votre téléphone par jour Et vous m’en direz des nouvelles. 

Je ne dis pas il faut jeter son téléphone. Encore que, ça pourrait se défendre. Il est très utile, et notre génération, je dis notre, la votre et la mienne, on a une chance incroyable d’avoir cette technologie là. Juste, il faut l’utiliser à bon escient. Dans la vie, il n’y a pas de mauvais. Il n’y a que du bon qui n’est pas à sa place. Donc, utilisez vos téléphones pour ce qu’ils ont d’utile. 

 

Et à mon avis, l’actualité n’en fait pas partie. De manière générale, quand on lit un truc sur son téléphone, dans le bus, ou ailleurs, ça rentre par une oreille et ça ressort par le genou. Honnêtement. ça peut être intéressant, ce qu’on lit. Mais on ne réfléchit pas, on ne remet pas en cause, on lit pas un deuxième article sur le sujet pour voir les points d'achoppements ou les points communs, rien. On lit, éventuellement on est d’accord ou non. C’est vraiment pas ouf pour votre esprit critique. 

 

Si vous observez ce qu’il se passe à l’intérieur de vous, et l’observation de soi fera l’objet d’un autre cours en ligne un jour, si vous regardez, vous vous rendez compte que quand vous allez lire des infos sur votre téléphone, c’est pas du tout que vous êtes intéressés par l’actu à ce moment là. C’est juste compulsif, c’est à dire, vous meublez le vide. Plein d’études le montrent, les humains préfèrent avoir physiquement mal, plutôt qu’avoir son intellect qui s’ennuie. Alors on s’occupe. Nous ce qu’on vous dit, c’est essayez, quand vous faites de l’actu, de ne pas le faire dans ce genre de conditions..

 

Nous, au repaire, on va essayer de vous amener, peu à peu, à réfléchir par vous mêmes. Oui, il y a un concours, mais on essaie avant tout de vous donner des réflexes de base, qui vont faire de vous des citoyens solides. Réfléchir. On ne réfléchit pas bien sur un instrument qu’on utilise 150 fois pour checker son Instagram. C’est neurologiquement impossible. Quand vous chopez votre téléphone pour regarder ce que vos potes ont publié comme photos, vous avez une psychologie d’addict qui cherche son shoot de dopamine. Et si vous commencez à faire l’actu de cette manière là, je donne pas cher de la qualité de votre réflexion. 

 

Voilà pour ma touche personnelle. Quand vous essayez de réfléchir au monde, prenez au moins un ordi, avec un grand écran, vous bloquez toutes les notifications, et idéalement, un journal papier. Et c’est quelqu’un qui fait 12h d’écran par jour qui vous le dit. Je ne suis pas réfractaire, j’ai juste observé ça. Les téléphones sont très utiles, mais peuvent aussi être destructeurs pour votre esprit critique, beaucoup plus que ce que vous croyez. Utilisez-les à bon escient, pour Instagram, mais pour Sciences Po, c’est nein. Lâchez vos téléphones.

 

Exercice 1 (30 minutes)

Essayons de mesurer le rapport qualité prix de l’info. En fait, on ne veut pas que vous nous croyez sur parole, on veut que vous fassiez l’expérience vous mêmes. 

 

Pendant 5-10 minutes, scrollez sur un agrégateur, et/ou 5-10 minutes sur votre Facebook / ou votre sur Twitter. 

Listez les sujets d’actu qui sortent.

Maintenant, passez 5-10 minutes sur le site de Arte Info et faites la même chose. Et comparez l’intérêt et la variété des sujets. Tirez vos conclusions. 

 

Maintenant, deuxième chose. Lisez ou regardez 2 ou 3 article ou sujets parmi ceux que vous avez vu passer, ceux qui paraissent les plus intéressants. Vous en choisissez 2 ou 3, et vous les lisez. Côté agrégateur / réseaux sociaux, côté Arte Info. Et comparez leur valeur ajoutée intellectuelle. Est-ce que vous avez appris quelque chose, est-ce que ça vous a fait réfléchir. Tirez vos conclusions. 

 

Si vous voulez, vous pouvez faire le même exercice en regardant 10 minutes de BFM. 

 

Le truc à observer, pendant cet exercice, c’est le rapport qualité prix de l’info. Pour combien d’intelligence et de réflexion en avez-vous contre 10 min de votre temps. Essayez de comparer, puis allez à celui qui vous en donne le plus ! 

 

Exercice 2 (45 minutes)

 

Regardez l’édition de 19h30 sur BFMTv. Puis regardez le 19h45 sur Arte. Puis le 20h de France 2. Si vous ne pouvez pas faire ça en direct, regardez les replay, à la suite. Comparez la variété des sujets, l’intérêt des sujets pour vous, la valeur ajoutée intellectuelle, c’est à dire, est-ce que vous avez appris quelque chose, ou est-ce que le journal vous a donné une perspective que vous n’aviez pas. Et tirez vos conclusions.

 

Variante, pour ceux qui préfèrent la radio

 

Ecoutez l’édition de 12h de France Info, RTL, ou Europe 1. Puis le 12h30 de France Culture. Comparez, tirez vos conclusions.

 

Exercice 3 (10 minutes)

 

Si vous utilisez des applis d’info sur votre téléphone, genre l’appli du Monde. Mettez les notifications push, et si vous pouvez, notez-vous, en faisant simplement une capture d’écran, les infos qui sortent. Faites ça pendant 48h. 

Maintenant, au bout de 48h, mettez-vous sur le site du monde et prenez 5 minutes pour regarder ce qu’il s’y passe et noter les choses intéressantes. 

Maintenant comparez les deux. Essayez de mesurer ce qui vous informe le mieux : les push, ou le fait de regarder les titres pendant 5 minutes. Essayez de voir aussi, si les push qu’on vous a envoyé contiennent des choses que vous auriez ratées sinon, et si c’était important. 

 

Bref, essayez de mesurer le rapport qualité prix des applis d’infos. Et tirez vos conclusions.

 

Comment choisir les bons médias ?

Maintenant qu’on a vu ce qu’il ne faut pas faire, voyons ce qu’il faut faire. Quels sont les meilleurs sites pour travailler l’actualité. Alors vous savez quoi, on demande à Google. 

Que nous dit Google

1. une réponse sur le forum Quora avec quelqu’un qui nous dit : 20 minutes, le Huff post, le Parisien, Google news, et surtout “Twitter !! C’est le meilleur moyen de voir ce qui fait bouger le monde”. 

On s’arrache les cheveux, niveau 1. 

2. Deuxième ranking, un classement du journal du net. Pour eux les meilleurs sites d’infos sont, dans l’ordre, L’internaute, le Figaro, Le Monde, Le nouvel Obs, et l’Express

On s’arrache les cheveux, niveau 9

 

3e ranking. Cet article de BFM.

A côté duquel on trouvait : “Nord, une jeune fille tuée par une balle perdue lors d’un mariage”, “Etats-Unis, un homme amputé des quatre membres après avoir été léché par un chien”, et “Versailles, la barque de sa famille chavire, il frappe un agent de sécurité”. 

 

BFM, élu meilleur site d’info.

Bon allez, fini de rire, on ouvre nos bouquins d’esprit critique à la page 1. 

 

Les 3 phases pour lire l’actu

 

Qu’est-ce qu’on fait quand on lit l’actualité. Juste, parenthèse, on dit lire l’actualité, mais quand on dit lire, on voudra toujours dire, lire, écouter et regarder. Donc, on dit lire par souci de concision, vous, entendez toujours lire, écouter, regarder. Quand on lit (écoute, regarde, vous avez compris) l’actualité, qu’est-ce qu’on fait. En fait, on fait des choses assez différentes. On fait, on découpe artificiellement, mais pour comprendre, 3 trucs.

 

1) on s’informe sur un sujet. On engrange l’info, parce qu’il faut bien avoir des faits, partir de ce qu’il se passe, très factuellement.

2) on saisit les noeud du problème, on essaie d’en dégager les enjeux, bref, on essaie de comprendre les grandes lignes de ce sujet là. 

3) on approfondit, on discute, on critique, on élargit, bref, on réfléchit au sujet. 

 

Alors, on ne peut pas séparer ces trois phases, si précisément que ça, dans notre travail, mais on va quand même essayer de compartimenter. Parce que vous vous rendez bien compte du fait que c’est pas pareil de jeter un oeil aux nouvelles du jour sur le site du Monde pour voir ce qu’il s’est passé dans la semaine, et lire une analyse de fond d’un sociologue sur les structures du capitalisme. Les deux c’est de l’actualité, mais dans le premier cas on survole, en mode sommaire, dans le deuxième on réfléchit sérieusement à un sujet précis. 

 

Pourquoi est-ce qu’on fait ce découpage. Eh bien tout simplement parce qu’on ne va pas utiliser les mêmes médias pour chaque phase.

Si on veut savoir ce qu’il se passe en ce moment, on jette un coup d’oeil à la home du Monde ou de Euronews, et on est fixé. Par contre, les analyses de fond de Euronews, on se roule pas par terre. Inversement, dans le monde diplomatique, vous aurez des analyses extraordinaires, mais pour savoir un peu ce qu’il s’est passé cette semaine, tintin. 

 

Donc, on découpe, ça va nous faire gagner en qualité, et en efficacité. On veut savoir ce qu’il s’est passé cette semaine, on a certains médias, on veut approfondir un sujet, il y en a d’autres. 

 

Phase 1 : s’informer

 

S’informer. Qu’est-ce qui s’est passé ces derniers jours ? Quels sont les points importants, ou qui vont le devenir ? 

 

Pour ça, on peut relativement prendre n’importe quel média d’information mainstream. Le Monde, Europe 1, L’obs, France Culture, faites selon vos habitudes ou vos envies. 

 

Mais évidemment, certains médias sont plus égaux que d’autres. Donc, on vous propose les nôtres, et en vous proposant deux alternatives. 

Soit vous faites de la titraille, c’est à dire, vous allez chercher vos infos vous mêmes. C’est ce qu’on vous conseille de faire au bout d’un certain temps. 

Soit vous prenez une compilation, i.e., un journal télévisé ou une édition de radio.

 

La titraille

 

Elle consiste à prendre un site d’info généraliste et d’éplucher les titres / les sujets de la page home. Quand vous voyez quelque chose qui peut vous intéresser : clic sur la roulette de la souris = ouvrir dans un autre onglet.

Et vous vous faites ainsi votre propre synthèse.

 

Il y a un grand avantage à la titraille, c’est qu’en le faisant régulièrement, avec l’expérience, vous aguiserez votre oeil, et vous verrez facilement ce qui est important ou ce qui ne l’est pas, important de manière générale, ou important pour vous. C’est très bon pour votre esprit de synthèse. 

 

Deuxième avantage, vous maîtrisez votre temps. Vous voyez un petit article sur le financement de la vie politique, l’article fait référence à truc qui s’appelle les diamants de Bokassa, bon vous savez pas ce que c’est, en titraille, vous maîtrisez votre temps, donc, vous faites une pause, vous allez voir, le président Giscard d’Estaing avait reçu des diamants, scandale, bref, ça vous permet de faire des incises. Si vous êtes vraiment curieux de tout, c’est super, ça vous permet de vous balader. Après, faites gaffe à pas vous perdre sur wikipedia, c’est vite arrivé.

 

Quel média choisir pour faire de la titraille ?

Alors il y a bien sûr Le Monde. Qui l’avantage d’être très complet

Parenthèse. Le monde est souvent considéré comme un journal de référence. Alors, on en reparlera plus tard, mais première leçon d’esprit critique : si le Monde est considéré comme une référence, d’abord c’est parce qu’ils l’ont été pendant longtemps, il y a un effet d’inertie, -le monde n’a plus du tout aujourd’hui le prestige qu’il a pu avoir il y a 30 ans), mais aussi, parce qu’ils traitent de plus de sujets du fait de leurs moyens (ils ont une très grande rédaction et beaucoup d’envoyés par rapport à d’autre). Donc référence, pas parce qu’ils sont “neutres” - ils sont aussi neutres économiquement et politiquement que nous on est coureurs cyclistes. Référence parce que historiquement, grand journal, et fait un travail complet. 


Alternative pour ceux qui veulent quelque chose d’un peu moins coincé que le Monde, le Huffington Post. Un peu plus de gauche (le monde c’est centre droit hein, arrêtez avec le centre gauche, mais on ne vous demande pas d’être d’accord, il y aurait une discussion entière à avoir sur le sujet de ce qu’est la gauche ou la droite). En tout cas, le Huff Post, un peu plus à gauche, un peu plus critique. 

 

Donc, il y a le Monde et le Huff post, nous si on devait vraiment vous en conseiller un, on dirait, Arte Info. C’est souvent beaucoup plus tournés, on trouve, vers des enjeux intéressants (géopolitique, sujets touchant à la démocratie, aux droits de l’homme, etc,et puis les sujets sont beaucoup plus internationaux). De manière générale, Arte Info est votre ami.

 

Pour avoir un spectre un peu plus européen, Euronews est bien fichu. Vous attendez pas à des tonnes de réflexion critique, c’est très factuel, et avec un regard très techno. Vous verrez apparaître en 3 minutes les différentes problématiques européennes (élections dans tel pays, décision importante à Bruxelles). C’est très pratique parce que ça donnera un coffre européen à vos argumentaire.

(Quand, par exemple, vous parlerez de démocratie à propos de la réforme constitutionnelle en France, vous pourrez comparer avec les tendances anti-démocratiques en Hongrie, ou l’instabilité gouvernementale italienne. On conseille un peu d’Euronews en plus du Monde, du Huffpost ou d’Arte. Et ça vous rappellera sans cesse qu’il n’y a pas que la France dans la vie.)

 

Pour ce qui est du monde anglophone, le site de la BBC et celui du NYTimes : ce qui se fait de plus complet (sorry, the Economist). On conseille vraiment de jeter un oeil à la home de la BBC / NYT de temps à autres. Non pas pour y passer 4 heures, mais pour lire les titres et “sentir” ce qu’il s’y passe. La titraille, encore, toujours. Vous êtes d’une génération où le monde est un village (on ne plaisante pas), hors de question de rester que sur des médias francophones pour vous informer.

 

Maintenant, on vous a conseillé ces sources parce qu’on les trouve efficaces pour cette phase d’information, à vous de choisir les vôtres. Si vous préférez le Figaro ou Courrier International pour faire ça, allez-y, l’important c’est que vous preniez du plaisir à aller faire de la titraille.

 

Le Journal (à alterner avec la titraille) 

 

Deuxième manière de faire la phase d’information. Alternative à la titraille, suivre une compilation, donc, un journal télévisé, ou une édition de radio. ça a un avantage non négligeable : d’abord, vous ne vous perdrez pas. ça dure 20 ou 30 minutes, et vous allez pas en faire 1h30, avec un passage ou deux sur la vie amoureuse de lady Gaga ou la recette du quinoa au persil (ça peut faire ça, la titraille). Deuxième avantage, quelqu’un vous a prémâché le boulot, ça peut être pratique.

 

Donc, JT ou édition, on vous en conseille 2 et deux seulement, là on est assez fermés d’esprit

Le journal de 12h30 de France Culture : à notre goût le meilleur journal radio. Ils laissent tomber tout ce qui est inessentiel, prennent toujours le temps d’approfondir au moins un sujet (et ça peut tout à fait s’écouter quelques jours après). Parfait pour déblayer les enjeux.

Arte Journal, le 19 45 : “JT tourné vers l’actualité internationale”, son nom l’indique. Et on le disait pour leur “maison-mère”, Arte info, c’est encore plus vrai pour eux, il y a généralement une bonne moitié sinon 3/4 des sujets traités qui sortent des clous de ce qui se fait en mainstream (ça parle droits de l’Homme dans tel ou tel endroit, corruption et démocratie, de lutte contre le réchauffement climatique,ce genre de choses), disons qu’ils s’agit beaucoup plus de sujet à enjeux utilisables pour vous. 

 

Pourquoi ne conseille-t-on pas le journal de France Info ou RTL par exemple ? A notre sens, moins d’esprit critique, et moins intéressants pour vous.

 

Donc pour nous, pour la phase d’information : soit titraille (Arte, Le Monde ou le Huffpost, Euronews, un anglophone. Soit le Arte journal ou le 12h30 de culture. Ou un mix de tout ça.

 

Faites ça deux à trois fois par semaine pendant 30 minutes, et ça sera déjà super. Et au passage, vous serez mieux, bien mieux informés qu’en suivant les push d’applis d’infos 12h par jour. Mais comme on a nous-même une tendance à être comme Saint-Thomas (vous savez c’est celui qui allé vérifier si les plaies du Christ étaient bien vraies) on vous dit...essayez par vous-même, faites votre expérience à vous.

 

Phase 2 : comprendre

 

Une fois qu’on est informés, on sait ce qu’il se passe, deuxième phase, on essaie de comprendre les enjeux derrière. Alors, on y reviendra, mais de manière très sommaire. 

 

Il n’y a qu’une chose vraiment efficace qu’on puisse faire pour voir ressortir clairement les enjeux d’un fait d’actualité : lire ou regarder plusieurs choses sur le sujet. 

Pourquoi ? Parce que chaque papier aura son angle, et qu’en en lisant plusieurs, vous allez voir des patterns apparaître. 

Pour donner un exemple. Vous voulez comprendre les enjeux de la réforme fiscale de Donald Trump. Bon. Comment faire. Bon alors, sans rentrer dans le détail, c’est juste pour vous montrer que plusieurs angles sur un même sujet vous permet de comprendre ce qu’il se passe.

Alors on cherche. Réforme fiscale Trump. 

 

Le Monde, le Figaro, la Croix, France 24, Libération. Allez, on en prend 5, ça suffira.

 

Chacun des 5 articles a son angle.

Le monde : “une réforme qui profite aux plus riches”. 

On pourrait s’arrêter là, d’autant que le papier du monde était très complet. Mais en regardant les autres : 

 

le Figaro : “qui devraient in fine accroître les inégalités économiques aux Etats-Unis”

le troisième : “va ainsi donner un bol d’air aux entreprises, notamment les plus importantes”

le quatrième : “Comment Donald va bénéficier de la réforme fiscale de Trump”

et le cinquième : “Reforme fiscale : gros cadeau du congrès pour Trump et les riches ?”

 

L’article du Monde (20/12/2017)

L’article du Figaro (27/12/2017)

L’article de la Croix (21/12/2017)

L’article de France 24 (20/12/2017)

L’article de Libération (20/12/2017)

 

En fait, en un coup d’oeil aux titres et aux sous-titres de plusieurs article, qui ont chacun un angle ou deux sur le sujet, ressortent les enjeux

1) la question de la justice fiscale (faut-il aider les riches ?)

2) la question des inégalités économiques, directement liée

3) la question du conflit d’intérêt (puisque Trump bénéficie potentiellement de sa propre réforme).

 

ça nous pris...allez 10 minutes à tout casser. 

 

On reviendra sur cette question, et on le fera ensemble. Pour l’instant, il ne faut retenir qu’une seule idée. Une fois que vous êtes informés, vous savez ce qu’il se passe, par titraille ou JT ou les deux, et que vous voulez comprendre un sujet, prenez plusieurs articles, et croisez. Les enjeux sortirons. Quels médias choisir pour ça ? Ceux qui vous plaisent. Essayez quand même de varier un peu les bords politiques. On reviendra aussi sur cette question, mais c’est juste que, vous imaginez bien que sur une question de réforme fiscale, d’inégalités, de répartition des richesses, le Figaro journal de droite peut ne pas  pas voir les mêmes enjeux que Libération journal de gauche, donc, variez, et ne lisez pas que 5 articles de droite, ou de gauche, ça risque de restreindre votre compréhension des enjeux. Donc, chopez en 2 ou 3, débrouillez vous pour qu’ils ne sortent pas tous du Figaro ou de l’Humanité, et croisez.

 

Voilà pour la phase de compréhension. 

 

Phase 3 : approfondir

 

Maintenant, la troisième phase. L'approfondissement. On a vu ce qu’il se passe. On a compris les enjeux du truc. Maintenant, on interprète, on réfléchit, on prend parti. Et c’est maintenant que ça devient intéressant. Qu’est-ce qu’on lit pour cette phase. 

 

Alors là, les amis, il y a 2 critères : 1 ce qui vous fait plaisir 2 ce qui vous fait réfléchir. 

 

Le plaisir, c’est important. Quand on aime ce qu’on lit, quand on est vraiment intéressé intellectuellement par ce qui se dit, on retient mieux, on fait des liens, bref, on est efficace. Donc là. Le Monde diplomatique, Le FigaroVox, Arrêt sur images, l’éditorial quotidien d’untel dans tel journal, on s’en fiche. Ce que vous aimez. 

 

Deuxième critère : que ça vous fasse réfléchir, ou que vous appreniez quelque chose. Le reste on s’en fout. Si vous êtes d’accord avec ce qui est écrit ou dit, tant mieux, vous adhérerez plus facilement à la logique et vous l'approprierez. Si vous n’est êtes pas d’accords, encore mieux. ça va vous pousser à discuter le truc et mettre votre esprit en ordre de marche. 

 

Comment choisir les médias pour approfondir : c’est facile. On prend tout ce qui a de la valeur ajoutée intellectuelle. Le plus possible. Le reste, on s’en bat les rouleaux. 

 

Alors, comme on est des gens prévenants, plutôt que de vous laisser vous perdre dans la jungle, on vous donne nos préférés à nous. Plusieurs décennies cumulées de lecture de la presse, ça peut peut-être vous aider. C’est ni indicatif, ni exhaustif, juste, une piste de réflexion. Vous irez voir, et vous ferez vos choix !

 

Nos médias à nous

 

En plus du 19h45 d’Arte ou du 12h30 de Culture ou de la titraille. 

 

Le 28 minutes d’Arte. Notre Chouchou absolu. C’est après le 19h45, en plus. C’est super pertinent, des invités qui ont des vrais trucs intéressants à dire, sans se bouffer le nez, qui s’écoute parler, qui prennent le temps de réfléchir, de tous bords politiques, toujours dans une logique constructive, il y a des touches de littérature, d’arts, pour compléter les problématiques politiques, bref, c’est une merveille. 

 

Deuxième chouchou, on passe à la géopolitique. Désolé, on va encore vous dire Arte, d’ailleurs de manière générale, Arte, vous prenez tout. Tout. Deuxième chouchou, le dessous des cartes. Bon, ça fait 25 ans que ça existe, c’est de l’intelligence et de l’esprit de synthèse à l’état quasi-pur quoi. Vous pouvez y aller, passer vos week-ens devant, il n’y a pas de limite. Le site ne donne pas accès à toutes les archives malheureusement, mais aux 3 derniers mois, mais c’est déjà bien. 

 

Troisième chouchou, on passe à l’économie pour ceux que ça intéresse : Alternatives Economiques. Bon, ça coûte 5 euros par mois, mais allez y si l’économie c’est votre intérêt. C’est à notre sens le truc le plus complet, le plus accessible, le plus critique sans être militant qui se fasse. 

 

Quatrième chouchou, un chouchou engagé, le monde diplomatique. Bon. Il y a une version papier et une version numérique. Désolé, c’est payant, mais c’est pas beaucoup, donc, entre les accès par votre école ou la bibli de quartier, vous y avez accès. 

Alors, attention, c’est à gauche, mais c’est vraiment un excellent support pour lire des sujet peu traités par les autres, des sujets de fond, qui vont taper dans la sociologie, dans la démographie, qui permettent de comprendre les ressorts, au fond des choses. Attention c’est pas toujours facile d’accès, et comme dit, c’est très engagé.

 

Pour équilibrer ce quatrième chouchou un peu gauchiste, un contre chouchou : la Croix. Qui certes, a une petite teinture religieuse, donc, si vous êtes laïcard de choc, vous allez pas aimer. Mais si vous vous ouvrez un peu, c’est toujours intelligent, il y a une dimension humaine qui se ressent, c’est un bon contre chouchou.

 

Voilà pour nos chouchous, les 3 premiers vous pouvez y aller les yeux fermés, les 4e allez voir et prendre si vous aimez. 

 

Dernier point : prenez plaisir...et variez les sources.

 

On y reviendra quand on parlera d’esprit critique, mais, dernier conseil : essayez, au moins un peu, de varier les bords politiques des choses que vous lisez. Si vous avez toujours un angle de gauche en lisant Marianne, l’Huma et Libé (je ne parle pas de BastaMag ou les blogs du diplo), si vous avez toujours un angle de droite avec le Fig, valeurs actuelles et Atlantico, vous risquez l’enfermement de la pensée. Variez. Lisez régulièrement des choses qui ne sont pas de votre bord politique. ça vous fera du bien pour tout un tas de raisons qu’on ne va pas évoquer maintenant (ça vous ouvre, ça vous bétonne au niveau de l’argumentation, bref, c’est bon pour vous). Donc, prenez l’habitude, une fois de temps en temps, d’aller regarder de l’autre côté, sans juger, en essayant de comprendre. Personnellement, je passe ma vie à faire ça.

 

Voilà donc pour notre dernier conseil, et voilà pour notre choix à nous de médias. Entre ces conseils, notre outil de choix de médias (on vous met le lien en dessous) et votre expérience, vous avez ce qu’il faut pour choisir les bonnes sources. Ne vous mettez pas la rate au court bouillon, vos choix peuvent se faire petit à petit, l’important, c’est d’explorer, de trifouiller, d’essayer, de tester, et vous trouverez votre équilibre à vous. 

 

 

Exercice 1 (2 à 3h, fractionnées)

 

Ce qu’on veut vous aider à faire, c’est d’essayer de trouver vos sources à vous, celles qui auront le meilleur rapport qualité / temps investi. 

Alors vous aviez déjà les vôtres. Nous on vous en a proposé, Arte Info et nos chouchous. 

 

Première chose qu’on vous invite à faire, c’est de tester nos suggestions pendant une semaine. Allez sur le site d’Arte Info 3 fois une demie heure, ou regardez trois fois le 19h45. Si vous voulez vous ajouter un 28 minutes ou deux en plus, et une dessous des cartes ou deux, super. 

 

Et voyez ce que ça vous fait, en termes de valeur ajoutée intellectuelle. 

 

Donc, pendant une semaine : 

-3 x le 19h45, ou son équivalent, 3 x une demie heure de titraille sur Arte Info

-1 28 minutes 

-1 dessous des cartes. 

-et en plus, ce que vous aurez picoré à gauche à droite selon vos envies. 

 

Et ça sera déjà bien. 

 

Exercice 2 (2 à 3h, fractionnées)

Deuxième chose, essayez de découper en phases. 

 

Pendant une semaine, découpez en phases, pour voir si ça vous aide à y voir plus clair.

Pour la phase d’information, faites 2 fois 15 min de titraille, vous regardez sur le site de Arte ou le Monde ou le Huff Post pour voir ce qu’il s’est passé, vous essayer de noter les 2 3 4 sujets qui vous paraissent plus importants. 

 

Pour la phase de compréhension, faites 2 fois 1/2 heure pour dégager les enjeux d’un sujet. Autrement dit, pour deux sujets différents qui vous intéressent, vous prenez 1/2h-3/4d’h pour lire 3 4 5 articles différents sur le même sujet, croisez les, et essayez de comprendre, voir quels sont les quelques points importants sur la question. 

 

Pour la phase d’approfondissement, bon, prenez un de ces deux sujets, et lisez ou regardez un truc plus approfondi dessus, une émission, une analyse plus longue, ce que vous voulez. 

 

Et voyez ce que ce découpage vous fait. On a pas de réponse pour vous, ce qu’on vous propose n’est absolument pas rigide et exhaustif, c’est un cadre que vous pouvez adapter autant que vous voulez. Partez de ce qu’on vous dit et faites votre ratatouille. Mais en gros, ne laissez pas votre lecture de l’actualité au hasard. Mettez y de l’ordre, contrôlez votre truc. 

 

ça c’est vraiment nos chouchous, on vous met en dessous nos autres lectures. 

Ajoutons à ceux là Brief.me, qui vous parvient quotidiennement. Et surtout, notre outil pour choisir ses médias !

 

Enfin, un mot sur Courrier International, parce que beaucoup d’entre vous le lisent. On est assez partagés sur ce média. On est tous d’accord pour dire qu’il s’agit d’un journal de qualité, la rubrique 7 jours dans le monde est très bien faite, oui, mais on le trouve un peu...dispersé (avec souvent des articles qui manquent de coffre). Partagés, on vous dit. On vous laisse décider par vous-même !

Les médias liés à vos zones géographiques

Alors on a parlé des médias généralistes français. Maintenant, ceux qui visent un campus lié à une zone géographique et/ou ceux qui sont à l’étranger, vous devez aussi, on l’a dit, assurer l’actualité sur ces zones. Vous vous rendez bien compte, on ne peut pas faire le tour de la presse mondiale ici. Donc. On a demandé à tous nos anciens de nous donner leurs meilleur sources pour préparer l’actu de Reims, Menton, Poitiers, Dijon, Nancy, le Havre. Et on vous a mis les meilleurs ci-dessous. Utilisez-les comme base et faites votre sauce à vous.

Combien de temps par semaine consacrer à l’actualité ?

Honnêtement, ça dépend du temps que vous avez. Nous on dit, entre 2h et 4h. 2h c’est le minimum syndical. C’est 1h d’information-compréhension. 1h d’approfondissement. Si vous n’avez pas ça au compteur toutes les semaines, vous manquerez des choses. Mais surtout, si vous n’avez pas ce minimum syndical à consacrer à l’exploration intellectuelle du monde, on va commencer à douter du bien fondé de votre intérêt pour Sciences Po. 

 

Donc, 2h minimum. 

 

Maintenant, on ne vous interdit pas de doubler la mise et faire 2-3h d’information compréhension et encore 2h d’approfondissement… ça dépend de vous. Sachant qu’on arrive vite à 3 4 5 heures si on compte que la plupart du temps, la phase d’approfondissement relève autant de l’actu que de la culture G. 

 

Au final, le seul truc important, c’est que vous fassiez ça régulièrement. Ne vous amusez pas à faire de l’actu une fois toutes les 3 semaines pendant un weekend entier. Vous perdrez en efficacité, foi de gentilhomme, ça ne marche pas. Prenez vos habitudes, genre 1h tous les lundis, 1h tous les vendredis, et tenez-les.

 

Maintenant, pas de panique si vous n’avez pas pu toucher à l’actu pendant une semaine entière, ça peut arriver. Vous avez Brief.me pour vous rattraper et remonter dans le temps !


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